‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 9 sur 480 · IL — LES RÈGLES · texte numérisé non relu

IL — LES RÈGLES

L'étude que nous avons à faire des Règles a pour objet d'en indiquer le caractère et le contenu. Voyons donc tout d'abord ce que sont les Règles, et quelle différence il y a entre elles et les Constitutions. Nous les étudierons ensuite séparément Tune et Fautre.

1 . — Caractère particulier des « Règles ». En quoi elles diffèrent des « Constitutions ».

Beaucoup d'Instituts religieux ont à la fois une Règle et des Constitutions, et il y en a un certain nombre qui ont la même Règle et des Constitutions différentes.

Cela tient à ce que beaucoup d'Ordres d'origine relativement récente ont adopté une Règle ancienne, qu'ils ont accommodée à leurs œuvres et à leur genre de vie, par des explications et des additions dont l'ensemble forme leurs Constitutions. Parmi les anciennes Règles, les plus célèbres sont celles de saint Basile, de saint Augustin, de saint Benoit et de saint François ; et la plus répandue de toutes est celle de saint Augustin. « Elle est tellement animée de l'esprit de charité, dit saint François de Sales, qu'en tout et partout elle ne respire que douceur, suavité

et bénignité, et par ce moyen est propre à toute sorte de personnes, de nations et de complexions... Qui fait que non seulement plusieurs Congrégations de Re- Ligieui cloitriers, comme des Chanoines et Clercs réguliers, des Erémitains, de saint Dominique, de saint lli.ioiiie, de saint Antoine, de Prémontré, des Servi (nus, des Crucifères, mais aussi les Ordres de plusieurs Religieux chevaliers, comme ceux de saint Jean de Hiérusalem, ceux des saints Maurice et Lazare, les Teutoniques, ceux de saint Jacques, et plusieurs autres se sont rangés sous l'étendard de cet admirable conducteur1. »

Le P. Eudes ne pouvait assujettir ses enfants à une Règle religieuse. La nature de sa Congrégation y répugnait. Ce n'était point un Ordre religieux, mais un corps purement ecclésiastique, destiné à conduire ses membres à la perfection de leur état, et à en faire les modèles et les éducateurs du clergé séculier, dans Les rangs duquel ils entendaient rester. Dans ces conditions, il est évident qu'aucune Règle religieuse ae pouvait leur convenir.

Le P-. Eludes ne renonça pas pour cela à leur donner une Règle qui servit de base à leurs Constitutions. Seulement, au lieu de la prendre parmi les anciennes Règles, il se décida à la composer luimême, ■•! il en chercha les éléments dans la sainte i'^ ri lu iv. \ défaut des vœux de religion, les membre» de son Institut sont liés par ce que l'on appelle les vœm du Baptême et du Sacerdoce, et pour les remplir plus parfaitement, ils se sont assujettie iu\ exigences de la vie commune. Le P. Eudes leillil doue avec soin les plus beaux enseigiiemeiits de la Bible sur les devoirs de la vie chré- Im-iiuc. les obligations du sacerdoce et les vertus

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