‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 3)Chapitre 49 sur 240 · Li; MKMOHIAI. l.'.l · texte numérisé non relu

Li; MKMOHIAI. l.'.l

à p;i'iu)u\ clans la chaire, pour adorer la divine Justice et faire ee que je devais pour mes auditeurs el pour moi.

On n'a point su au vrai (juolle lut la cause de «et accident. Car, sitôt ({uil fnteessé, on alla promptement sur la voûte ; mais on n'y trouva rien du tout. Tout le monde pourtant a jugé que c'était un effet de la rage du démon contre la mission ; mais la confusion lui en demeura, car Dieu se servit de ces deux sortes de tonnerres, pour amollir les coîurs endurcis et. pour les disposera recevoir la grâce de la mission, dont les fruits furent très grands.

lienedicite fulgura Domino : ignis el spiritus procellarum, quœ facAunt verhum ejus.

97. En cette même année 1673, Son Altesse royale, M"''' de Guise, nous donna douze, mille francs pour le bâtiment de Féglise du très aimable C(eur de Jésus et Marie en notre maison de Caen, en la manière et aux conditions portées parle contrat fait à Paris, par devant les notaires du Chàtelet, Després et (iallois, en 1673, le 3® de juin.

Tibi laus, tibi honor, tibi gloria in œternum, o. Cor amaniissimum Jesu et Mariée.

98. Sur la fm de cette année 1673, et sur le commencement de la suivante, 1674, la divine Providence m'a favorisé de plusieurs grandes tribulations, et plus grandes en quelque façon que toutes les précédentes. Car, premièrement, afin de perdre entièrement notre Congrégation, on me mit mal dans l'esprit du Roi, en lui persuadant que j'avais fait des choses notables contre les intérêts de sa Majesté, auxquelles je n'avais jamais pensé ; et ceci m'avait été prédit un an ou environ auparavant. Secondement, afin d'empêcher que nous n'obtinssions du Saint-Siège la confirmation de notre Congrégation, on envoya un écrit, de Paris à Rome, tout plein de calomnies et de faussetés contre nous.

132 OPL'SCLLKS ET KHAGMENTï^

99. Dans les années 1675 et 1676, noire très aimable Crucifié m'a honoré de plusieurs grandes croix, ayanl permis qu'on ait publié contre moi, presque par toute la France, des libelles diffamatoires, pleinsd'injures atroces et de calomnies, m'accusant d'un grand nombre d'hérésies, dont grâces à Dieu je suis très éloigné; mais tout cela s'en est allé en fumée.

Deo gratias et Mariœ^ super inenarrnbilihus ddnis ipsorum. Patei\ dimitte illis.

100. En Tannée 1674, notre très cher frère Jacques de la Haye, dit de Bonnefond, étant allé à Rome, nous a apporté plusieurs Bulles de Notre Saint-Père le Pape Clément X : une Bulle qui nous donna pouvoir de faire des missions par toute la France, avec indulgence plénière ; une Bulle confirmative des Statuts de notre Congrégation ; et six autres Bulles pour nos maisons de Caen, de Rouen, de Coutances, de Lisieux, d'Évreux, et de Rennes, qui nous donnent pouvoir d'établir des Confréries du très saint Cœur de Jésus.et de Marie dans nos églises et chapelles, avec de grandes Indulgences, lesquelles églises et chapelles sont nommées dans les dites Bulles, de la sainte bouche de Notre Saint-Père, et par conséquent de la bouche adorable de Notre-Seigneur, les églises et chapelles du divin Cœur de Jésus et Marie : ce qui me donna une consolation extraordinaire, parmi toutes les tribulations susdites.

Gratias infin'das, inimensas^ {rternas, amantissimo Cordi Je su et M avise.

101. Dans les années 1674, 1675 et 1676, nous avons fait plusieurs missions dans les diocèses de Bayeux, de Coutances, de Lisieux, d'Évreux et de Rennes, que Dieu a bénites des plus grandes bénédictions, spécialement celle que nous avons faite à Saint-Lù en 1676, pour la troisième fois, en laquelle la divine Bonté a converti un bon nombre de Huguenots.

Deo gratias et Mariœ.

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\{)il. Kii I aiiiKM' l(»7(J , notre Sauveur m'a donnô un j-nind nombre de croix Ires sensibles, dont il soit béni éternellenienl.

Af/hclioH Ires sfusih/c ch<ingri' en consofalioii.

Depuis le 25 de novembre de Tannée 1075, jusqu'au 17" de juin de l'année 1G79, j'ai soufTerl une grande afiliction, par une calomnie très fausse qu'on avait mise dans l'esprit du lloi contre moi, m'accusant d'avoir présenté une supplique à Notre Saint-Père le Pape, pour lui demander permission de lui faire obéissance etiam in Us (juœ dubium movere possunt^ qui est une chose à laquelle je n'ai jamais pensé. Cependant, on avait fait passer cela comme un crime dans l'esprit du Roi, ce qui tendait à faire détruire noire Congrégation. Mais la divine Bonté y amis empêchement par l'entremise de la sainte Vierge, en cette façon : Ayant fait vœu à Dieu de dédier une des principales chapelles de notre église de Caen eu Thonneur de sa Conception Immaculée, trois jours après, j'ai reçu une lettre de M^"" Claude Auvry, ancien Évêque de Coutances, qui m'écrivait à Caen de la part de M^"" lArchevêque de Paris, ^ que le Roi avait perdu la mauvaise impression qu'on lui avait donnée contre moi, et que je vinsse à Paris pour en remercier Sa Majesté. Ce qu'ayant fait. M*-'' de Paris m'ayant présenté au Roi, je lui parlai de cette façon :

« Sire, me voici aux pieds de Votre Majesté, pour lui « rendre mes très humbles grâces de la bonté qu'elle a (( de souffrir que j'aie l'honneur et la consolation de la « voir encore une fois avant que je meure, pour lui pro- (' lester qu'il n'y a point d'homme au monde qui ait plus « de zèle et d'ardeur pour son service et pour ses inté- « rets que j'en ai. C'est dans ce sentiment que je désire « employer et consumer le peu de jours qui me restent « à vivre. Je vous supplie aussi très humblement, Sire,

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« de nous honorer de votre royale protection, et de nous « continuer Thonneur de vos grâces et de vos faveurs. « C'est ce que j'espère de cette merveilleuse bonté qui « ravit et qui réjouit les cœurs de ceux qui ont l'honneur « de parler à Votre Royale Majesté, dont il ne s'en re- (( tourne aucun qui ne soit comblé de joie et de conso- « lation. »

La réponse du Roi.

Le Roi, ayant entendu ces choses avec bien de l'attention et avec un visage plein de bonté, me parla en cette manière : « Je suis bien aise de vous voir, je suis bien « persuadé des grands biens que vous faites en mon « Royaume. Continuez à travailler comme vous faites. « Je serai bien aise de vous voir encore, et je vous ser- « virai et protégerai dans toutes les occasions qui s'en « présenteront. »

Voilà les paroles du Roi qui me remplirent d'une satisfaction indicible. C'est ainsi, donc, qu'après une désolation de six ans, le Père des miséricordes et le Dieu de consolation a voulu essuyer mes larmes, et changer mes angoisses très amères en des joies incroyables, dont il soit béni et loué éternellement. Grâces aussi et louanges immortelles à la Mère de grâce et de bénédiction, par les mains de^ laquelle passent tous les biens que la divine Bonté nous envoie.

Autre affliction.

103. En revenant de Paris, l'agitation du coche dans lequel j'étais, passant par un chemin plein de grosses pierres, me causa une descente de boyaux qui ma fait beaucoup souffrir selon le corps, et bien davantage selon l'esprit, parce que cela m'ôta le pouvoir de travailler au salut des âmes dans les missions.

Gloria tibi, Domine, qui natus es de Virgine, etc.

IL — v(*:r or kuivaiimn a .ii.>i>» \X.\

11)4. lui rannoo 1(180, cm l Octave de la fctc du Très Saint-Sacreniciil, Dieu nous a l'ail la grjicc de faire la première Assemblée générale de notre petite Conj^régalion, pour élire quelqu'un qui occupe ma place, spécialement après mon décès; el M. lilouet de Camilly a été élu à la pluralité des voix, et de toutes les voix, pour être Supérieur général et perpétuel de la Congrégation, dont J'ai reçu une très grande consolation, el d'autant plus grande quelle a été précédée d'une douleur et d'une angoisse très sensible, pour des causes que je ne puis dire.

7e Doininuvi JesiiDi laudmnus, le Dominam Marinm, Matrem Jesu dignissiniain, el Mal rem noslrain aman lis simam, henedicimus. Nos cum Proie pia henedicat Virgo Maria.

105. Aujourd'hui, vingt-cinquième de juillet de la même année 1680, Dieu m'a fait la grâce d'achever mon livre du Cœur admirable de la très sacrée Mère de Difu

0 sacrosancta ÏVinitas.

^'Elerna vila cordium, Cordis Marise sanctitas :

fil corde règnes omnium. Amen.

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