‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 105 sur 369 · QUATRIÈME PARTIE. — § VI · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — § VI

Qu'il n'y a rien que Notre-Seigneur imus commande tant dans le saint Évangile que l'oraison et la prier»' : I. Parce qu'il a tant de bonté pour nous <|ue, quoiqu'il n'ait que faire de nous, et que nous soyons infiniment indignes de nous présenter devant lui, il met pourtant ses délices à converseravec nous : Delicix mese, esse cum filiishominum1. 2. Parce qu'il connaît que nous sommes extrêmement pauvres et indigents, que nous n'avons rien ni ne pouvons rien avoir de nous-mêmes, et qu'il désire nous enrichir de ses dons. Mais il veut que nous les demandions, afin que nous témoignions et protestions par là le besoin extrême et continuel que nous en avons, l'estime que nous en faisons, et que c'est lui seul qui nous les peut départir, comme étant lui seul le souverain bien et la source de tout bien.

Considérez quelles sont les dispositions intérieures et extérieures avec lesquelles la créature doit se présenter devant son Créateur, le sujet devant son Roi et devant le Roi des rois, le pécheur devant le Saint des saints, et le criminel devant son juge souverain.

Représentez-vous de quelle façon le Fils de Dieu priait son Père, pendant qu'il était en la terre ; et de quelle manière la très sacrée Vierge et tous les Saints faisaient leurs prières, lorsqu'ils étaient en ce monde.

Examinez- vous sérieusement sur les fautes que vous avez faites en vos oraisons mentales et vocales.

Si vous y avez apporté la préparation requise : Ante orationem praepara animam tuumi. Si vous y avez employé le temps qu'il fallait.

Si vous avez point manqué à celles principalement qui sont d'obligation.

Si vous avez pris les heures et les lieux les plus propres pour les bien faire.

Si en les faisant vous avez point laissé égarer vos yeux

1 Prov. VIII, 31. — " Eceli. XVIII, 23.

130 LE MÉMOKIAL

de côté et d'autre, et par conséquent ouvert volontairement la porte aux distractions.

Si vous avez tâché de les faire avec la révérence extérieure et l'attention intérieure que vous avez dû.

Quel fruit vous avez tiré, pour votre avancement dans les voies de Dieu, de tant d'oraisons que vous avez faites, et de toutes les lumières et grâces que Dieu vous y a données.

Si vous avez eu soin en ceci de ceux principalement qui vous appartiennent, ou dont vous avez la charge, pour leur enseigner à bien prier Dieu, et pour les obliger de le faire.

Si vous avez point troublé les personnes qui priaient Dieu, en faisant du bruit et parlant trop haut au lieu où elles étaient. Car il faut respecter ceux qui parlent à sa divine Majesté, et prendre garde de ne rien faire ou dire qui les puisse distraire.

Demandez pardon à Dieu de toutes les fautes que vous avez faites en ce sujet. Priez Notre-Seigneur de les réparer. Entrez dans un grand désir de vous en corriger. Avisez sérieusement aux moyens d'en retrancher les occasions, et de faire mieux vos prières à l'avenir ; et invoquez à cette fin l'assistance de ia grâce divine.

Page 1