‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 115 sur 369 · QUATRIÈME PARTIE. — § VI · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — § VI

filii rlmrissimi '. Or Dieu fait toujours toutes ses œuvres, jusques aux moindres, en Dieu, c'est-à-dire divinement et très parfaitement. C'est pourquoi nous devons, à son imitation, tâcher de faire toutes nos actions avec la perfection qui est convenable à des enfants de Dieu, suivant ce commandement deNotre-Seigneur Jésus-Christ : Spyez parfaite cothme voire Père céleste est parfait -.

2. Le même Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui esl l'exemplaire auquel nous devons nous conformer, a rendu une gloire infinie à son Père éternel, non seulement dans les grandes actions qu'il a faites en la terre, mais aussi dans les plus petites, parce qu'il faisait les unes el les autres avec un amour égal vers lui, et avec des dispositions également saintes.

3. Dieu nous donne les moindres choses, par exemple chaque morceau de pain que nous mangeons, chaque goutte d'eau que nous buvons, avec autant de bonté et d'amour que les plus grandes. Et il n'a pas moins de soin des plus petites choses qui nous regardent que des plus importantes, puisqu'il nous assure qu'il a compté tous les cheveux de notre tète et que pas un ne périra. C'est pourquoi nous sommes obligés d'apporter une grande diligence pour faire toutes nos plus petites actions avec un grand amour vers lui, et par conséquent avec toute la perfection possible.

4. Celui qui fait ses actions lâchement et imparfaitement dérobe à Dieu la gloire qu'il en recevrait à toute éternité, s'il les faisait saintement, et une gloire qui lui est due et qu'il a acquise au prix du sang adorable de son Fils ; sans parler de la perte irréparable que fait celui qui agit ainsi, des trésors inestimables de grâce et de bénédictions qu'il amasserait pour l'éternité, s'il agissait avec ferveur et perfection ; joint qu'il y a beaucoup plus de facilité et de douceurs à faire ce que l'on fait d'un

i Phil. V, 1. — îMattb. V

grand cœur et d'une grande affection, qu'à le faire froidement et négligemment.

Considérez que la manière de bien faire nos actions est enseignée par saint Paul, quand il nous dit que : Soit que nous mangions, soit que nous buvions, soit que nous fassions quelque autre chose, nous fassions tout pour la g loir* de Dieu et au nom de Noire-Seigneur Jésus Christ1 : c'està-dire en son esprit et en ses dispositions, et comme il ferait, s'il était en notre place, autant qu'il nous, est possible avec sa grâce.

Examinez-vous sur les fautes que vous avez faites en vos actions et en la manière de les faire : premièrement, dans les actions qui regardent Dieu directement, comme sont toutes les actions de la vertu de religion et toutes les fonctions ecclésiastiques ; secondement, en celles qui regardent le prochain ; puis en celles de votre condition, ou profession, ou de l'office ou charge que vous avez à exercer.

Demandez pardon à Dieu de tous les manquements que vous y avez commis. Offrez-lui en réparation tout l'honneur que son Fils lui a rendu par ses saintes actions, et prenez résolution désormais de bien faire tout ce que vous aurez à faire. Et à cette fin :

1. D'éloigner de vous toute paresse, froideur, tépidité et négligence.

2. De tenir toujours votre intention droite et pure, protestant à Dieu de fois à autre que vous ne voulez rien faire ni pour plaire au monde, ni pour être estimé des hommes, ni pour voire satisfaction, ni pour* votre intérêt, soit temporel, soit spirituel, ni pour le mérite et la récompense ; mais que vous voulez faire toutes vos actions pour sa seule gloire, pour l'accomplissement de

' « Sive ergo manducatis, sive bibitis, sive aliud quid facitis, omnia in gloriam Dei facite. » l Cor. X, 31. — « Omne quodcumque lacitis in verbo aut in opère, omnia in noinine Domini nostri Jesu. Christi, gratias agentes Deo et Patri per ipsum. * Co/.JLll, 17.

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