‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 166 sur 369 · CINQUIÈME PARTIE. — § XVII ï · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — § XVII ï

C'est pourquoi les prêtres ayant une alliance si étroite et une conformité si merveilleuse avec la Mère du souverain Prêtre, ils ont des obligations très particulières de l'aimer, de l'honorer et de se revêtir de ses vertus, deson esprit et de ses dispositions. Humiliez-vous de vous en voir si éloigné. Entrez dans le désir d'y tendre de tout votre cœur. Offrez-vous à elle, et la priez de vous y aider fortement.

Si vous avez une vraie dévotion à la sainte Vierge, cherchez avec soin les moyens dont vous pouvez vous servir pour l'honorer.

Vous le pouvez faire par pensées, appliquant votre esprit à la considération de ses mystères, de ses qualités, de ses vertus, de ses actions, de ses souffrances ; par actes intérieurs, en l'adorant de la façon qu'elle peut être adorée, en la louant, en vous réjouissant de ce qu'elle est ce que Dieu l'a fait être ; par paroles, en vous entretenant avec d'autres personnes de ses excellences et des moyens de la servir ; par prières vocales, entre lesquelles la plus agréable qu'on lui peut faire, c'est le chapelet ou le rosaire ; par actions, lui offrant et consacrant celles que vous faites en l'honneur des siennes; par aumônes corporelles ou spirituelles ; par jeûnes et autres mortifications.

Vous pouvez aussi l'honorer, en vous enrôlant en quelqu'une de ses confréries; en gardant avec respect son image dans les lieux où vous demeurez; en célébrant ses fêtes avec dévotion, et par plusieurs autres saintes inventions que vous trouverez dans un livre appelé Philagie1) qui en contient un grand nombre.

1 Le Paradis ouvert à Philagie par cent dévotions à la Mère de Dieu. par le R. P. Paul de Barry, de la Compagnie de Jésus, in-18 de 481 pages, édité pour la première fois à Lyon en 1636. Le P. de Barry, 1587-1661, théologien distingué, prédicateur plein de feu, fut aussi

ï>18 LE MÉMORIAL

Mais le moyen le plus excellent de tous et qui lui est le plus agréable, c'est par une soigneuse imitation de ses vertus, spécialement de son humilité, de sa soumission à la divine volonté, de sa pureté, de sa haine contre le péché, de son amour vers Dieu, de sa charité vers le prochain, de sa patience , de sa mansuétude et de son zèle pour le salut des âmes. Ayez confusion de voir si peu de ces vertus de votre divine Mère en vous, qui étant du nombre de ses enfants, êtes obligé de porter sa ressemblance. Priez-la de suppléer à vos défauts pour le passé, de détruire en vous présentement tout ce qui est contraire aux susdites vertus, pour obtenir de Dieu la grâce de les pratiquer fidèlement pour l'avenir.

Oraison jaculatoire :

0 Mnler amabilis, monslra te esse Matrem. 0 Mater dilectissima, te Matrem riobis exhibe, nosque te dignos office.

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