‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 170 sur 369 · CINQUIÈME PARTIE. — § XIX c2c2',i · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — § XIX c2c2',i

donner exemple d'obéissance, et pour nous mériter la grâce de la pratiquer. Remerciez-le de toutes ces choses et vous donnez à lui pour le. suivre dans la pratique de cette vertu, et pour vous soumettre à ses divins commandements et à toutes les lois de son Église, spécialement à celles qu'elle prescrit aux ecclésiastiques pour les régler en ce qui regarde leur vie, leurs mœurs, leurs cheveux, leur tonsure et leur habillement. Car les saints Canons leur ordonnent de porter l'habit long, d'être attonso capite, palentibus auribus1, d'avoir coronam el lonsuram congruenlem2, qui doit être, ainsi que saint Charles l'a marqué, aux prêtres, large de quatre pouces ; aux diacres, de trois ; aux sous-diacres et clercs, moindre à proportion 3.

Considérez que Jésus-Christ est le chef de l'Église, et que le Saint-Esprit en est comme l'âme, l'esprit et le conducteur ; et par conséquent que tout ce que l'Église fait, tout ce qu'elle commande, tout ce qu'elle défend, c'est Jésus-Christ et le Saint-Esprit qui le font, qui le commandent et qui le défendent par elle. A raison de quoi ce même Sauveur nous déclare que celui qui n'écoute point l'Église et qui ne lui obéit pas doit être réputé comme un païen, c'est-à-dire comme un réprouvé et un maudit. Si celui-là est maudit de Dieu, selon sa parole, qui n'obéit pas au commandement d'une mère quil'a engendré selon la chair, combien davantage celui qui ne veut pas se sou-

' Canon Non liceat. dist. 2c. cap. Clèrîcî, de Vita et honestate clericorum.

1 « Coronam et tonsuram habeant congruentem. » (Conc. Later. IV, anno 1215, cap. 16 ; (refert cap. Clerici, De vita et honest. cleric.) — « lta ut comam et tonsuram patentibus auribus habeant congruentem ».(Concil. Basil, anno 1431). — « Amplam coronam juxta gradus ordinis sui déférant. » Synod. Meld. anno 1493).

3 '< Sacerdotalis tonsurœ forma in orbem ducta late et ample pateat unciis quatuor ; diaconalis unica uncia minor ; subdiaconalis aliquanto angustior quam diaconalis ; minorum denique ordinum corona lata sit undique unciis duabus. » Concil. Mediol. V. part. 3. [De iis quse ad clericor. honest. pertinent).

mettre aux lois de l'Église, qui est sa mère selon l'esprit, dont la maternité spirituelle et céleste demande d'autant plus de respect et d'obéissance qu'elle excelle par-dessus celle .qui n'est que corporelle et terrestre. De là vient que saint Clément pape nous annonce que celui qui ne se soumet pas aux canons des sacrés Conciles et aux saints décrets de l'Église, sera condamné au feu éternel destiné au diable et à ses anges1. Craignez que ce foudre ne vous tombe sur la tète ; et si vous désirez vous en garder, prenez résolution de vous assujétir entièrement à toutes les lois de l'Église, mais spécialement à celles qui vous ordonnent d'avoir les cheveux courts, de porter la couronne et la soutane. Ne le faites pas pourtant par une crainte servile, mais pour l'amour du souverain Prêtre, et pour l'honneur et le respect que vous devez à son divin sacerdoce.

Considérez que ce n'est pas une chose de conseil seulement et de bienséance de porter les cheveux courts, la couronne et l'habit clérical, mais de commandement et d'obligation à celui qui est ou bénéficier, ou dans un ordre sacré, et ce pour trois raisons :

1. Parce que le sens commun et la raison naturelle enseignent qu'il est juste que celui qui est officier public de l'Église, à cause de quelque bénéfice, ou de quelque ordre sacré, soit distingué par son habit et par quelques marques extérieures d'avec le commun du peuple. Ce

* « Omnis homo qui libenter non recipit verbum Dei, illudque in corde suo gerniinare non sinit, ac minime crediderit Doctoribus et Episcopis suis, non benevolus, sed rebellis extiterit, fructum non germinabit necpariet.sed similis est arbori illi de quaDominus dicit:» Omnis arbor quœ non facit fructum bonum, excidetur et in ignem mittetur. » Matth. III, 19. » (S. Clem. Ep. III.) Nous n'avons pas trouvé, dans saint Clément pape, d'autre texte se rapprochant de celui que cite le V. P. Eudes.

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