‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 35 sur 369 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

vouloir point d'autre partage, ni d'autre héritage que Jésus-Christ Notre-Seigneur, et par conséquent que c'esl l'unique trésor qui doit posséder notre cœur, et que nous ne devons point chercher ni désirer d'autre héritage eu la terre ; et de là vient que les Saints Pères nous déclarent que le prêtre qui thésaurise des biens de l'Église, ou qui en fait des acquêts, ou qui en élève ou enrichit ses parents, sera condamné devant Dieu comme coupable d'un larcin et d'un sacrilège: Furtum est, dit saint Bernard, rapina, sacrilegium1. ,

Avoir en horYeur l'esprit des Pharisiens, c'est-à-dire, l'esprit d'ambition et de vanité, qui aime le point d'honneur, qui dit et ne fait pas, qui recherche l'estime et la gloire des hommes, et qui fait ses actions pour paraître, et pour attirer sur soi les yeux et les louanges d'un chacun, ne craignant point les etïroyables anathèmes que Notre-Seigneur a fulminés contre les superbes Pharisiens, et celui qui est marqué en ces siennes paroles : Vse cum benedîxérinl vobis homines * secundum hsec enim faciebant pue ado propice Ils patres eorum2 : « Malheur à vous, quand les hommes vous béniront et vous loueront, car c'est ainsi qu'ils faisaient aux faux-prophètes. » Pour .se garantir de cette peste, considérer et tâcher d'accomplir ces paroles du Saint-Esprit: Humilia te in omnibus, et coram Deo inverties gratiam, quoniam ab humilibus honoratur* ; et celles-ci du Fils de Dieu : Recumbe in novissimo loco1*. Discite a me, quiamitis sum et humilis corde*.

Craindre que l'arrêt qui a été prononcé contre le serviteur inutile, en ces termes : Et inutiiem servum ejicite

1 Epist. ad Falcnnem. — - Luc. VI, 2G. — » EceV. III, : 0. ♦Luc. XIV, 10. — 5 Matth. XI, 2'.).

in tenebras exterïores1., ne soit fulminé contre nous. Et afin que cela ne soit pas, fuir' l'oisiveté comme une peste et comme la mère de tous les vices. Et pour n'y tomber pas, régler et occuper notre temps par la prière, par l'étude, par les exercices de charité, ou par quelque honnête occupation ; et considérer qu'il n'y. a point de gens qui soient si obligés de bien employer leur temps comme les prêtres, parce qu'ils sont chargés des affaires les plus importantes de la terre et du ciel, qui sont les affaires de la gloire de Dieu et du salut des âmes.

Détester l'intempérance au boire et au manger, et en fuir soigneusement toutes les occasions; car c'est un vice de bète et de pourceau, et qui par conséquent est extrêmement contraire à la sainteté et à la dignité d'un prêtre, qui doit être un ange visible sur la terre.

Abhorrer l'impureté, et éviter avec une très grande diligence les lieux, les personnes et toutes les choses qui portent le moindre péril ou la plus petite ombre de ce vice abominable. Car qu'y a-t-il de plus nécessaire et de plus convenable à une personne consacrée à Dieu» qui est tous les jours dans les saints lieux, proche des sa-* crés autels, en des fonctions angéliques et parmi les mystères divins, que la pureté d'esprit et de corps ? Et qu'y at il de plus horrible qu'un prêtre impudique ? C'est un monstre effroyable, c'est un Judas, c'est un Antéchrist.

Considérer ces paroles de S. Paul : Si quis suorum et maxime domesticorum curam non habet, fidnn negavit, et

1 Matlh. XXV, 30.

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