DEUXIÈME PARTIE
sunl, sicut et ego nonsum demundo1 ; combien moins les prêtres en doivent-ils* être? Et si le Saint-Esprit défend à tous les fidèles d'aimer les choses qui sont dans le monde, et leur commande de le haïr sous peine d'être l'objet de la haine de Dieu, en ces termes : Nolite diligen mundum, neque ea quœ in. mundo sunt. Si quis diligit rnundum, non est charitas Patris in eo- ; combien davantage fait-il cette défense et.ee commandement aux
prêtres ?
Graver dans -notre cœur ces paroles de saint Paul et les suivre fidèlement : Nolite conformari huic sœculo3 ; et pour cet effet renoncer, autant qu'il est possible, à toutes les modes du monde, soit en nos habits ou en d'autres choses; car cela fait un grand tort à la dignité et à la grandeur de l'état ecclésiastique, lorsque les prêtres qui sont le sel, c'est-à-dire la sagesse et les sages de la terre, suivent le monde qui est un fou, et se conforment à sa folie, qui paraît spécialement dans la légèreté et dans le changement perpétuel de ses modes ; car stultus ut luna mutatur*.
Fuir la conversation familière des laïques, spécialement des enfants du siècle, c'est-à-dire de ceux qui se conduisent par l'esprit et par les maximes du monde, surtout des femmes, si ce n'est par nécessité et par charité, et alors ne leur parler point seul, ma"is toujours à la vue et à la présence de quelques autres personnes ; et soit que l'on converse avec des femmes, ou avec d'autres, parler toujours le langage de notre Père, selon cet enseignement du Saint-Esprit: Siquis loquitur, quasi sermones Dei*, c'est-à-dire, leur donner toujours quelque bonne instruc-
1 Joan. xvii, 14. — - I Joan. r, '5. — 3 Rom. xir, 2. 4 Eccl. xxvii, 12. — s 1 Petr. IV, 11.
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tion. en leur parlant des choses de Dieu et de leur salut, afin que, parce moyen, Christ* bonus odoj'simusin omni loco : provideutes bona, non tantum coram Deo, sed etiam coram omnibus hominibus, ut is qui ex adverse <■*! oereatur, nihil habens mutum dicere de nabis1.
Porter toujours la tonsure et l'habit clérical, qui est l'ornement et la gloire d'un ecclésiastique ; mais de telle sorte que, d'un côté toute superfluité et vanité en soit retranchée, et qu'il n'y ait rien qui ressente le luxe et la folie des modes du monde ; et que d'autre part la propreté et netteté y soit gardée, en sorte qu'on ne voie rien en notre extérieur qui puisse ollenser les yeux de personne, mais qu'il soit composé de telle façon que tout ce qui est en nous prêche l'humilité, la simplicité, la modestie et l'honnêteté.
Ne donner aucune entrée dans notre cœur à l'esprit d'avarice ; mais, afin de lui en fermer entièrement laporte, y graver profondément ces paroles du Saint-Esprit: Sint » mores sine avariticu, contenti praesenlibus. Ipseenim dixit: non te deseram neque derelinquom*. Nom qui volunt divites fieri. incidunt in tentationem et in laqueum diaboli, et desideria multa inulilia et nociva, quae merguni hommes in interilum et perditionem. Itadix enim omnium malorum
'•si cnpiditas Tu aulem, ô homo iJei, hsec fuge, sectare
vero justifiant} pietatem, fidem, charitatem, palir'ntium, mansuetudinem*.
Nous souvenir aussi que, lorsque nous sommes entrés dans l'état de la cléricature, nous avons fait profession, par ces paroles : Uomiiius pars héereditatis meie, de ne
1 II Cor. II, 15 ; Boni. XII. 17 ; TU, II, 8. » llebr. XIII, 5. — * I Tint. VI, 9.