DEUXIÈME PARTIE il
qu'un chrétien est obligé de croire, d'espérer (il de faire pour être sauvé, et ce par le moyen des prédications, des catéchismes et des instructions familières, qu'il ne faut pas se contenter de l'aire en public et dans la chaire, mais aussi en particulier, dans les champs, dans les chemins, dans les maisons et en toute occasion, à l'imitation des premiers prêtres, desquels il est dit que : Omni die non cessabant, in templo et circa donios, docentes, et evangelizantes Christian Jesum ' ; et afin de pouvoir dire avec saint Paul : Mun'dus sum a sanguine omnium; non en'nn subterfugi quominus <innunliarem ovine consilium Dei c<>bis ; quoniam per triennium nocte et die non cessavi, eum lacrymis monens unumquemqne vestrinu 2.
Procurer qu'il y ait des maîtres et maîtresses d'école pour l'instruction des enfants, garçons et filles, ne permettant point, pour quelque prétexte que ce soit, que les filles aillent à l'école chez les hommes.
Visiter quelquefois ces écoles, afin d'exhorter les maîtres et maîtresses d'enseigner le catéchisme aux enfants, et de leur faire faire à genoux les prières du matin et du soir, et surtout de leur apprendre à se comporter dans l'église avec respect, silence et modestie.
S'employer, autant qu'on peut, à pacifier les différends, accorder les procès, éteindre les inimitiés, et faire régner pa paix et la charité chrétienne entre ceux que Dieu a commis à notre soin.
Avoir un grand amour pour l'Église, que Dieu nous a donnée pour épouse, et à laquelle nous devons donner
1 Act. V, V2. — - Ad. XX, 20, 3t.
tout noire cœur ; conserver soigneusement ses intérêts, procurer, autant que nous pouvons, ses avantages, travailler pour son accroissement et sa sanctification, et nous exercer perpétuellement dans le zèle du salut des âmes, gravant dans notre cœur ces paroles de saint Denis Aréopagite : Omnium divinorum divinissimum est cooperari Deo in salulem animarum .
M.ettre toute notre gloire et notre contentement à faire saintement et décemment toutes les fonctions cléricales et sacerdotales, spécialemeut le saint sacrifice de l'autel, l'office divin, l'administration des saints sacrements, la prédication et le catéchisme, tâchant de nous établir dans une sainte coutume de faire toutes ces choses, non pas lâchement et par routine, de peur que ce foudre ne tombe sur nos tètes : Maledictus qui facit ojtus Domini fraudulenter1 ; mais avec grande application et d'une manière digne de Dieu, comme djit saint Paul, digne Deo*, c'est-à-dire, digne de sa majesté éternelle et de sa sainteté infinie ; et pour cette fin se servir des dispositions et pratiques qui seront mises ci-après sur ce sujet.-
Mais particulièrement se rendre assidu à entendre les confessions, regardant cette fonction comme une des principales obligations d'un pasteur, et comme un moyen très nécessaire, très puissant et très utile pour coopérer au salut de plusieurs âmes, et, afin de bien faire cette action, lire avec attention le livre du Bon Confesseur et le pratiquer.
Prendre»bien garde de ne violer pas ce commande, ment de notre bon Maître : Nolite dare sanctum canibus,
1 Jerem.' xlviii, 10. — * Col. i, 10.