‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 57 sur 369 · TROISIÈME PARTIE. — CIIAPITRE VIII · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — CIIAPITRE VIII

CHAP1TRK VIII.

Pour étudier chrétiennement.

* dorer Dieu comme le principe et la fin de toute 1- ^~4- lumière et de toute science, dans lequel par conséquent elle doit être puisée, ayant recours à lui par la prière pour la lui demander ; et auquel elle doit être rapportée, n'y cherchant rien autre chose que sa gloire : Deus scientiarum Dominus est. et ipsi pr&parantur cogitationes1.

2. Renoncer à toute curiosité, ne voulant étudier que les choses nécessaires à notre profession ;à toute vanité, à tout intérèt»particulier et à toute propre satisfaction ; et protester à Dieu que nous désirons étudier, non pour savoir ni pour être estimés savoir, mais pour édifier notre prochain, et pour le glorifier eu enseignant les autres, selon ces sacrées paroles : In doctrinis glorificate Domïrium* ; et selon celles-ci de saftit Bernard : Ali i sciunt ut sciant, et est curiositas : alii sciunt ut sciantur, et est vanitas : alii sciunt ut aedificent, et est charilas3.

3. Nous humilier, reconnaissant que de nous-mêmes nous ne sommes que ténèbres, que non suf'/icientes sumus cogitare aliquid a nobis quasi ex nouis*, et que suf/irirntianostra ex Deo est5 ; que nous sommes très indignes que Dieu nous donne aucune connaissance, ayant abusé de celles qu'il nous a données ; et que, depuis que nous avons tourné le dos, par nos péchés, au Père des lumières, pour adhérer au prince des ténèbres, nous avons mérité très justement d'être privés de toute lumière, et de n'avoir pour partage que les ténèbres éternelles.

1 1 Reg. II, 3. — - Is. XXIV, 15. — » Sermo 36 sup. Cant. 4 II Cor. III, 2. — * Ibid.

(i(i LE MEMORIAL

4. Adorer Notre-Seigneur Jésus-Christ connue la sapience éternelle, et comme celui qui nous a été donne de Dieu pour être notre précepteur et docteur : Eece dedi eum prœceptoremgentibus1. Dominus dédit vobis doctorem justiiite* ; et pour être notre lumière : Ego sum lux mundi3 ; et pour être notre sapience et notre science : Factus est nobis saftientia a DeoK.

Nous donner à lui, pour être enseignés de lui selon ces paroles : Et erunt omnes docibiles Deis ; Beatvs homo querh lu erudieris, Domine1'' ; pour participer à sa divine lumière, selon sa sainte volonté, pour être , conduits et téclairés dans notre étude par son divin Esprit, et pour entrer dans les saintes dispositions avec lesquelles il a fait usage de la science que son Père lui a donnée ; et enfin le prier qu'il soit le directeur et sanctificateur de notre étude, et qu'il nous établisse dans les dispositions de son saint Apôtre, marquées en ces paroles : Non judicavi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Chrislum, et hune crucifixum1 .

5. Prier Dieu infiniment qu'il nous garde de trois mauvais effets que la science produit ordinairement.

Le premier est la vanité, la superbe et Tarroganee : Scientiainflal*, contre laquelle il faut demander àNotre- Seigneur l'humilité et la modestie d'esprit, et qu'il nous fasse la grâce de bien considérer que c'est la charité et non pas la science qui nous rend agréables à sa divine majesté; que la science sans la piété n'est bonne que pour nous enfoncer plus avant dans l'enfer, mais que la piété sans la science nous conduit dans le ciel ; que le diable s'est servi de la science pour tenter l'homme et pour le perdre : Erilis scientes9, et que le désir de savoir a été une des causes principales de son péché et de tous

1 Is. LV, '*. — '■ Joël, II, 23. — a Joon, VIH, 12. — « I Cor. I, 30.

* Joan. VI, 4?. — " Ps. XCI1I, 12.

7 I Cor. Il, ■>. — > I Cor. VIII, 1. — 9 Gen. 111, 5.

Page 1