‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 80 sur 369 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Pour consoler les affligés.

Se souvenir de ce que le Fils de Dieu a dit, que ce que Ton fait au plus petit des siens c'est à lui-même qu'on le fait : et par conséquent, celui qui console une personne affligée donne consolation àNotre-Seigneur, comme aussi à sa sainte Mère, puisque la consolation du Fils est la consolation de la Mère. D'où il s'ensuit que c'est une grâce particulière que Dieu nous fait, quand il nous donne occasion de consoler quelque pauvre affligé. Ce qui nous doit porter à le faire, non pas légèrement et en passant, mais sérieusement et à loisir, faisant à notre prochain comme nous voudrions qu'on nous fit. Et pour cet effet, il faut avant toutes choses :

Jeter les yeux de la foi, d'un côté sur la charité immense avec laquelle notre très bénin Sauveur est venu en ce monde pour consoler les affligés, selon ces siennes paroles : Misit me ut consolarer omnes lugentes1 : « Mon Père m'a envoyé pour consoler tous ceux qui sont dans les pleurs » ; et d'autre côté regarder le prochain qui est dans l'affliction, comme un enfant de Dieu, comme un membre du Sauveur et comme notre frère, et nous donner à la susdite charité dont le très bénin Cœur de Jésus est tout embrasé vers lui, et, en union de cette même charité, aborder l'affligé et lui parler avec douceur, cordialité et compassion, lui témoignant que cest de cœur et en vérité qu'on le plaint dans sa douleur, que l'on prend part dans son affliction, et que l'on désire faire tout ce que l'on pourra pour l'aider et le soulager. Ensuite tâcher de lui imprimer bien dans l'esprit les sept vérités

'Isa. LXI, 2.

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