Eccii. XXIV
monde, que celles de l'enfantement ; pour la tille, car ayant l'usage de raison, avec un amour indicible pour sa très aimable mère, quel supplice aurait-elle souffert, se voyant être la cause des douleurs très violentes d'une mère qu'elle aimait beaucoup plus qu'on ne peut penser ?
Tous les oracles de l'Église, qui sont les saints Pères, nous annoncent que Dieu a mis au monde cette Vierge admirable, pour nous affranchir par son moyen de toutes sortes de maux, et pour nous combler de toutes sortes de biens. Comment donc serait-il possible de croire que la divine Bonté eût permis que cette très douce Enfant eût été cause de faire souffrir l'une des plus sensibles douleurs qu'on puisse endurer en la terre, telle qu'est la douleur de l'enfantement, en la personne du monde qu'elle aimait le plus, et à qui elle avait davantage d'obligation ?
Non, non, ma très bonne Mère, quoique les enfants d'Adam vous aient fait souffrir les plus cruels tourments qui se puissent imaginer, vous n'avez jamais néanmoins affligé ni contristé personne ; au contraire, vous avez offert et sacrifié le précieux sang et la vie adorable de votre Fils unique et bien-aimé, pour ceux-là même qui lui ont arraché l'àme du corps avec des cruautés horribles. Et vous avez tant de bonté pour tous les hommes, que votre grand contentement est de faire du bien à tous, et que c'est vous donner de la joie de vous demander des grâces et des faveurs.
0 ma toute bonne et toute aimable Mère, faites-moi participant de votre incomparable bénignité, et m'obtenez la grâce de votre Fils, qu'à votre imitation je ne fasse ni dise jamais rien qui cause de l'affliction ou de la tristesse à mon prochain ; mais que tout mon contentement soit de faire du bien à tous, selon tout mon pouvoir, pour l'amour de votre Fils et de vous.
98 l'enfance admirable