CHAPITRE XVII
Le septième Mystère de le sainte Enfance de la bienheureuse Vierge, qui est le très saint Nom de Marie.
/^t est une maxime infaillible, dit Albert le Grand1, et ^ tous les antres saints Docteurs en demeurent d'accord, que non seulement toutes les faveurs dont Dieu a honoré ses Saints ont été accordées à la Reine de tous les Saints, et que la Mère n'a pas été moins privilégiée que les serviteurs ; mais que tout ce qui peut contribuer à sa gloire lui a été donné avec autant d'excellence par-dessus tous les habitants du ciel, qu'elle les surpasse en dignité et en sainteté. C'est pourquoi, si le nom du patriarche Isaac a été révélé par un Ange à son père Abraham, et si le nom de saint Jean -Baptiste a été annoncé par un messager du paradis à son père Zacharie et à sa mère sainte Ëlizabeth, on ne doit pas douter que le sacro saint Nom de Marie ne soit venu du ciel, dont il a été apporté par le bienheureux Archange saint Gabriel, qui a toujours été employé dans toutes les choses qui appartiennent au mystère adorable de l'Incarnation, lequel s'est accompli dans les sacrées entrailles delà divine Marie C'a été par un ordre exprès de la très sainte Trinité, que ce glorieux Archange a été envoyé du ciel à saint Joachim et à sainte Anne, pour leur déclarer que sa divine Majesté leur voulait donner une Fille, et que son nom serait Marie, qui ensuite lui fut imposé, quelques jours après sa naissance, par le même saint Joachim, selon le commandement qu'il en avait reçu de la part de Dieu par la bouche de l'Ange. C'est le sentiment de saint Jérôme2, de saint Jean Damascène3, de saint André de Jérusalem 4, et de plusieurs
1. In Bibl. B. Mar. ad cap. 1 Cant. — 2. De Nal. Yirg. 3. Oiat.2 de Nat. B. Vire:. — 4. Orat. in Salut, ans:.