Serm. I't6. — 2. Orat. 2 de Ass. — 3. In Hor. ani
214 l'enfance admirable
rao-n a été englouti et noyé», comme on le chante dans les hymnes grecs1.
0 grande mer, qui fera que vos eaux se débordent sur tooite la terre, pour faire un second déluge qui abîme Lous les Pharaons dont elle est aujourd'hui toute couverte ? Mais qui me donnera que je sois plongé dans vos abîmes, non pas comme un Pharaon, mais comme une petite goutte d'eau qui soit toute perdue avec vous dans la mer du divin amour, et qui ne se retrouve jamais en elle-même ?
La onzième interprétation est de saint Jean Damascène2 et d'Albert le Grand3, qui nous apprennent qu;j Maria signifie : amarum mare, « une mer amère ». Pourquoi est-ce que la très précieuse Vierge, qui est un océan de douceur et de bénignité, est appelée une mer amère? C'est pour nous représenter, premièrement, qu'elle a été toute plongée dans une mer de fiel et d'amertumes au temps de la Passion de son Fils : Magna est velut mare coniritio tuai. Secondement, qu'étant pleine de miséricorde vers les hommes, elle est remplie de rigueur et d'amertume vers les démons. Comme la mer Rouge, dit saint Bonaventure, a été très amère et très formidable aux égyptiens qui g ont été engloutis, ainsi Marie est pleine d'amertume et de terreur pour les démons 5. Car la pieuse et humble invocation du saint Nom de Marie découvre leurs embûches et leurs pièges, dissipe leurs tentations, renverse leurs desseins, détruit leur ouvrage, briseles chaînes des 'âmes qu'ils tiennent captives, et les arrache de leurs griffes. En un mot, la prononciation du seul Nom de Marie fait trembler tout l'enfer et met en fuite et en déroute