Lib.k, cap. 15. — 3. In cap. 1 Luc. — 4. Thren.W
5. « Quemadmodum mare rubrum amarum fuit yEgyptiis in ipso submersis..., o quam amara et timenda est hœc Maria dœmonibus! »• In Spec. B. Virg., lect. 3.
première pahiil:. — cbâpfere MX 215
toutes les puissances infernales : Terri bilis ut castrorum mies ordinata1.
Oh ! que nous sommes lâches, que nous sommes coupables de nous laisser vaincre à ces cruels ennemis de nos âmes, vu que, d'un côté, ils sont très faibles, et que, d'autre part, Dieu nous a donné des armes si puissantes pour les combattre. Ayez toujours le sacro-saint Nom de Marie dans le cœur, et souvent dans la bouche, et vous serez plus redoutable à tout l'enfer, qu'une armée bien rangée, bien aguerrie et bien conduite n'est formidable à une petite troupe de faibles ennemis.
La douzième interprétation est de saint Jérôme2 et de saint Épiphane 3,qui nous annoncent que Maria veut dire autant que my rr ha maris, « myrrhe de la mer ». Mais que veut dire cela? Y a-t-il de la myrrhe dans la mer? Qu'estce que la myrrhe de la mer ? Plusieurs célèbres auteurs disent que c'est une pierre précieuse qui se trouve dans la mer, qui s'appelle myrrhe, parce qu'elle a l'odeur de la myrrhe, et qu'on en faisait autrefois des tasses ou des coupes à boire, qui étaient de plus grand prix que des coupes d'or. Or, qu'est-ce que ceci nous représente dans notre admirable Marie, sinon que c'est la très pré" cieuse coupe du grand Roi, dans laquelle elle lui a présenté un nectar si délicieux, composé du vin de son amour et de sa charité, et du miel de sa douceur et de son humilité ; qu'elle l'a saintement enivré, et de telle sorte, qu'oubliant toutes les grandeurs de sa divinité, il s'est plongé dans les bassesses et dans les misères de notre humanité, pour en retirer ceux qui étaient ses ennemis, et pour les élever jusques au trône de sa divine Majesté ? 0 Marie, qu'avez vous fait ? quelles obligations vous a tout le genre humain? quelles louanges vous peut-il donner ? quelles actions de grâces vous peut-il rendre qui soient dignes d'un tel bienfait? Mais n'oserai-je
1. Cant. VI, 9. — 2. Llb. de Nom. Hebr.— Z. Oral, de Laud. VirS.
216 l'enfance admirable
vous supplier, ma divine Mère, de me donner un peu de ce précieux vin dont vous avez enivré mon Rédempteur, afin que, en étant enivré comme lui, je m'oublie entièrement moi même pour l'amour de lui, comme il s'est oublié soi-même pour l'amour de moi, et que je ne pense plus qu'à mon Jésus, que je n'aime plus que mon Jésus, et que je ne vive plus que pour servir et honorer mon adorable Jésus et ma tout aimable Marie.
La treizième interprétation est des Révérends Pères Canisius ' et Salazar*, delà Compagnie de Jésus, qui assurent que Maria s' interprète jaculatrix maris, « celle qui lance des dards et qui jette des flèches sur la mer, l'archer de la mer ». Ce qui convient très bien à la très sainte Mère de Dieu. Car c'est une généreuse guerrière ; c'est la Générale des armées du grand Dieu, qui combat incessamment sur la mer de ce monde, étant armée de dards et de flèches qu'elle lance et décoche continuellement contre le péché, contre les hérésies, contre les démons et contre tous les ennemis de Dieu.
0 puissante archère, décochez les flèches de votre indignation contre tous les ennemis de notre salut, contre cette armée innombrable de dragons infernaux dont la terre est pleine, qui dévorent tant d'âmes rachetées du précieux sang de votre Fils. Lancez vos dards dans nos cœurs, pour y tuer l'amour du monde et l'amour désordonné de nous-mêmes. 0 divine archère, j'entends le Roi du ciel qui se plaint amoureusement de vous, disant: Vous avez blessé mon Cœur, ma Sœur, mon Epouse, vous avez blessé mon Cœur3. Ou, selon une autre version : Vous avez décoché vos flèches dans mon Cœur : Sagitasti Cor meum. Ah ' de grâce, puisque vous n'avez pas épargné le Cœur du Père, ne pardonnez pas à celui de l'enfant. Tour-
■1. Lib. 1 de Virg. — 2. In Cant.
3. « Vulnerasti cor meum, soror mea sponsa, vulnerasti cor meum. » Cant. IV, 9.