Servi. 2 dp Dormit. B. V
« 0 grande, ô débonnaire, A très louable Marie, s'écrie ■» aussi saint Bernard, voire saint Nom ne peut passer par » la boucbe sans embraser le cœur. Ceux qui vous aiment » ne sauraient penser à vous sans une consolation el <> une joie particulières. Vous n'entrez jamais sans dou- » ceurdans la mémoire de ceux qui vous honorent8. ><
« Cbose admirable! il arrive quelquefois, dit saint *> Anselme, qu'on obtient plutôt le salut par l'invocation » du Nom de Marie que par celle du Nom de Jésus. D'où *v vient cela ? Est-ce que- Marie est plus grande et plus » puissante que Jésus? Non; car Jésus n'a pas reçu » sa grandeur et sa puissance de Marie : c'est Marie » qui a reçu la sienne de Jésus ; mais c'est que le Fils ■> de Dieu, étant le Seigneur et le Juge souverain, doit » traiter un chacun selon ses mérites et selon l'ordre de » la justice, qui demande que les prières d'un criminel » ne soient pas écoutées. Mais quand il invoque le Nom » de la Mère de miséricorde, encore que ses péchés le » rendent indigne de toute grâce, il est exaucé néan- » moins par les mérites de Marie2. »
« O Marie, dit le saint abbé Raymond Jourdain, qui » s'est nommé l'Idiot, la très sainte Trinité vous a don- » né un Nom qui, après celui de votre Fils, est pardes- » sus tous les noms ; Nom à la prononciation duquel il
1. « O multum amabilis Maria, tu nec nominari quidem potes, quin accendas ; nec cogitari, quin recrées affectum diligentium te ; tu nuuquam sine dulcedine divinitus tibi insita mémorise portas ingrederis. » Tri deprec. ad B. Virg., et in laude quœ seq. post Serm. in Signum magnum.
2. « Velocior est nonnunquam salus, memorato Nomine Mariae, quam invocato Nomine Domini Jesu unici Filii ejus ; et id quidem ideo non fit, quod ipsa major et potentior eo sit, neque ipse magnus et potens est per eam ; sed illa per ipsum... Filius ejus Dominus est «tJudex omnium, discernens mérita singulorum. Dum igitur ipse a quovis suo Nomine invocatus non statim exaudit, profecto id juste facit. Invocato autem Nomine Matris, etsi mérita invocantis non merentur ut exaudiatur, mérita tamem Matris intercedunt ut exaudiatur. » Lib. de Excell. Virg. cap. 6.
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» faut que toutes les créatures qui sont au ciel, en la » terre et dans l'enfer fléchissent les genoux, et que » toute langue confesse et honore la grâce, la gloire et » la vertu du saint Nom de Marie. Car, après le Nom de » votre Fils, il n'y en a point qui soit si puissant pour » nous assister en nos besoins, ni de qui nous devions » plutôt attendre les secours dont nous avons besoin » pour notre salut éternel. Ce Nom a plus de vertu que tous » les noms des Saints, pour conforter les faibles, pour » guérir les malades, pour éclairer les aveugles, pour » amollir les cœurs endurcis, pour encourager ceux qui » sont las et fatigués, pour fortifier ceux qui combattent v » et pour renverser la tyrannie des démons *. »
En voici un autre qui nous dira quelque chose sur le sacré Nom de Marie, qui mérite bien d'être entendu. C'est le bienheureux Alain de la Roche, de l'Ordre de Saint-Dominique, qui avait une dévotion extraordinaire pour la très sacrée Mère de Dieu ; laquelle aussi, comme elle est tout cœur et tout amour vers ceux qui l'aiment fortement, lui fît la grâce de le prendre pour son époux, et de lui mettre elle-même une bague au doigt, pour marque de la sainte alliance qu'elle voulait avoir avec lui : grâce digne de la charité inconcevable de la Mère de belle dilection, qui veut imiter la bonté infinie de son Fils Jésus, lequel veut bien être l'époux d'une âme pécheresse et misérable ; grâce que cette Reine du ciel a faite aussi à saint Robert, abbé de Cîteaux ; à saint Ed-
1. « Dédit namque tibi Virgini Mariae tota sancta Trinitas Nomen quod est super omne nomen, post Nomen benedicti Filii tui : ut in Nomine tuo omne genu flectatur, caelestium, terrestrium et infernorum, et omnis lingua confiteatur hujus sanctissimi Nominis gratiam, gloriam et virtutem. Non enim est aliquod aliud nomen datum sub caelo hominibus, post dulce Nomen Jésus, ex quo tanta salus hominibus refundatur. Quia plusquam omnia Sanctorum nomina Nomen tuum reficit lapsos, languidos sanat, illuminât caecos, pénétrât duros, recréât fessos, ungit agonistas, et putrefacit jugum diaboli. » Lib. Contempl., part. 4, cont. t.
mmid, archevêque de Cantorbéry ; au bienheureux Herman, de l'Ordre de Prémontré, et à d'autres encore. Or, ce bienheureux époux de la Reine des Anges, rapportant trente-trois éloges des saints Noms de Jésus et de Marie, qu'il atteste lui avoir été révélés par la très sacrée Vierge, exprime le dix-septième en ces termes : « Ces » saints Noms, Jésus et Marie, sont deux fournaises d'a- » mour et de charité, qui donnent la torture et la gène » aux démons, qui mortifient les passions de la sen- » sualité, qui purifient les âmes pieuses, et qui en- » fiamment le feu d'une sincère dévotion dans les » cœurs des fidèles l. »
Mais voici cette même Vierge, qui parle elle-même à sainte Brigitte, en cette façon2 :
« Mon Fils, dit-elle, a tant honoré mon Nom, qui est Ma- » rie, que les Anges l'entendant prononcer se réjouissent » et rendent grâces à Dieu des choses grandes qu'il a » faites en moi et par moi. Les âmes qui sont en purga- » toire en reçoivent une grande consolation, comme un » malade arrêté dans un lit, lorsqu'il entend quelques pa- » rôles qui le soulagent notablement. Les Anges gardiens » oyant ce Nom s'approchent davantage de ceux qui leur » sont donnés en garde, et redoublent le soin qu'ils en » ont. Tous les démons aussi redoutent ce Nom de Ma-