PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XXV
non pas aussi élevée et perchée sur des bancs ou des chaires, niais à genoux sur le pavé du temple, ou même prosternée sur sa face pour adorer son Dieu. Voilà quelque chose de son extérieur.
Mais qui pourrait dire ce qui se passe dans son intérieur? Tout son esprit, tout son cœur, toute sa volonté, toutes les puissances et toutes les afïéctrons de son âme sont appliqués à Dieu pour le contempler, pour l'adorer, pour le louer, pour l'aimer, pour le glorifier, pour s'offrir, se donner, se consacrer et se sacrifier entièrement à sa divine Majesté. Elle lui rend des adorations et des louanges plus saintes et qui lui sont plus agréables que toutes celles qui lui ont été rendues dans ce temple, depuis près de mille ans qu'il est bâti. En un mot, vous diriez, à la voir, que ce n'est pas un enfant ni une créature humaine, mais un Séraphin incarné qui a pris la forme d'un enfant.
Que font ici saint Joachim et sainte Anne, le père et la mère de celte admirable Enfant? Ils adorent, louent et glorifient Dieu avec leur sainte fille. Ils lui rendent mille et mille grâces de leur avoir donné un si précieux trésor. Ils l'offrent et la présentent à sa divine Majesté avec une humilité, une dévotion et un amour qui ne se peut exprimer.
Que fait saint Joseph et les autres parents, amis et voisins de saint Joachim et de sainte Anne? Ils se réjouissent de la grâce que Dieu leur a faite. Ils le bénissent d'avoir rendu cette Enfant si parfaite. Ils admirent sa vertu et sa sainteté, et ils ontbien plus sujet de dire d'elle ce que les voisins de sain tZacharie et de sainte Elisabeth disaient du petit saint Jean-Baptiste en sa naissance : Quelle sera cette Enfant, dans laquelle la toute-puissanic main de Dieu fait déjà de si grandes choses1?
1. « Quis, putas. puer iste erit ? Etenim manus Domini erat cura illo. » Luc. I, 66.
264 LENFANCE ADMIRABLE
Que font les prêtres qui sont en office dans le temple? Ils reçoivent avec joie et admiration celte sainte Enfant, comme une victime sacrée qu'ils offrentà Dieu, avec une ' dévotion extraordinaire que le Saint-Esprit excite dans leur cœur, sans leur faire connaître le secret de ce mystère, si ce n'est peut-être à saint Zacharie, qui était de l'ordre sacerdotal et qui était pour lors dans l'exercice de son ministère, selon le sentiment de saint Germain, patriarche de Constanlinople, et de George, archevêque de Nicomédie, qui écrivent que, s'étant trouvé dans le temple en cette occasion, ce fut lui qui reçut notre divine Enfant, laquelle était sa parente, et qui la mit dans la Communauté des vierges qui vivaient ensemble dans une maison jointe avec le temple, après avoir offert à Dieu cette sainte et immaculée hostie, dont l'oblation rendit plus de gloire à sa divine Majesté que tous les sacrifices qui lui avaient jamais été offerts dans ce temple.
Que fait sainte Anne la prophétesse, qui vivait si saintement parmi les vierges et les veuves qui étaient retirées dans le temple, et qui apparemment en avait la conduite? Elle considère attentivement tout ce qui se passe ; elle a les yeux et le cœur tellement collés sur celte aimable Enfant, qu'elle ne la perd point de vue. Et comme elle attend avec des désirs 1res ardents la-consolalion d'Israël, c'est à-dire le Sauveur du monde, et qu elle sait que sa venue est proche, selon les oracles des Prophètes, et qu'il doit naître d'une Vierge, et qu'étant prophétesse, elle est remplie de la lumière du Saint- Esprit, elle conçoit une grande espérance que celle petite Vierge pourra être sa mère. A raison de quoi elle entre dans des sentiments très particuliers de respect et d'affection vers elle, qui lui donnent le désir d'en prendre un soin extraordinaire pendant qu'elle sera dans le temple.
Que font saint Gabriel et tous les autres Anges qui sont ici, dont nous avons parlé ci-dessus? Ils sont très