PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE XXVI "iOH
demeure dans le Sancta Sqnctorum, dans le Saint des Saints, qui était la partie du temple la plus sacrée et la plus vénérable. Il y a beaucoup d'apparence, néanmoins, qu'elle n'y demeurait pas toujours, mais que la porte lui en était ouverte toutes fois et quanles qu'elle le souhaitait, et qu'elle y entrait souvent pour y adorer Dieu et pour y faire ses exercices de piété.
Je sais bien qu il n'était permis qu'au grand-prêtre d'entrer dans le Saint des Saints, et une fois par an seulement. Mais je sais bien aussi que cela n'a pas toujours été observé, puisque saint Epipbane et Eusèbe écrivent que cette loi n'a point eu de lieu au regard de saint Jacques, surnommé le frère du Seigneur, auquel il était permis d'entrer dans le sanctuaire pour y faire ses prières, à raison de sa grande sainteté '.
C'est pour cette même raison que notre divine Enfant a joui de ce même privilège. Car, comme elle était un exemplaire de toutes sortes de vertus, dit le saint prêtre Épiphane de Constantinople2, et que ses éminentes perfections jetant des rayons de tous côtés la rendaient ad-
in templi sanctiore loco, et in adytis ipsis vivebat. » Nioepli., lib. 1, cap. 7. — « Mansit autem de cœtero in Sanctis Sanctorum, seu in templi penetrnlibus, umhrosium nutrimenturn per angelum accipiens usque ad secundam sctatcm. » S. Germa nu s, in Oratione de Virg. oblatlone ; apud Vega, Theol. Mai., n. 70(3. « Sur l'offrande de la sainte Vierge au temple, voici le jugement porté par Benoît XlV : « Ut ab incertis certa secernamus, negamus de Pra>entalione dubitari posse. Ea vero quœ velut adjuncta a nonnullis narrantur, l'atemur multas rationes suppetere quamobrem in dubium revocentur. » De Festis B. M. V,, c. 14, n. 4. Le Pape, dans la dernière partie du texte, entend parler des détails minutieux donnés par les Apocryphes sur les travaux de la Sainte Vierge au Temple, son commerce journalier avec les Anges, comment elle recevait d'eux une nourriture céleste, comment elle avait ses entrées libres dans le Saint des Saints, etc. Ce dont il ne veut pas qu'on doute, c'est la substance même du fait. » Terrien. La Mère de Dieu, tome 2, p. 25.
1. « Huic (S. Jacoboi uni licebat ingredi in Sancta Sanctorum. » I). Hieron. in Breviatio rom. die 1. Maii, lect. 5.