Rom. VIII, 17. — 2. Kccli. XXlII
SECONDE l'ARTTE. — CHAPITRE III '.\±\
l'Épouse du Saint-Esprit, nous devons être persuadés qu'il les a remplis de tous les dons et grâces du même Saint-Esprit, et d'une sainteté extraordinaire. Le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation nous voulant donner par eux celle qui, après son Fils, est le plus excellent modèle de toute perfection, le plus haut trône de toutes les vertus et le plus riche trésor de toute sainteté, qui peut douter qu'il n'ait orné ceux qui devaient être la source et l'origine de cette mer immense de grâces, de toutes les vertus et perfections imaginables, et en un très haut degré ?
Aussi voyons-nous en eux une foi très vive, une espérance très ferme, un amour très ardent vers Dieu, une charité très parfaite vers le prochain, une piété etdévotion nonpareilles, une humilité très profonde, une abstinence extraordinaire, et une pureté merveilleuse.
Voyez la vigueur de leur foi et la fermeté de leur espérance. La considération de leur infécondité leur doit ôter toute croyance et toute espérance d'avoir des enfants ; mais on peut dire d'eux ce qui est dit de leur père Abraham : Qu'ils ont cru et qu'ils ont espéré contre l'espérance : In spem contra spem * ; ce qui les a rendus dignes d'être le père et la mère de la Mère de Dieu et de tous les enfants de Dieu. L'Ange leur annonce que Dieu leur donnera une fille qui sera la Mère du Sauveur du monde. S'ils regardent leur stérilité, ils croiront cela impossible, comme il l'est en effet naturellement. S'ils écoutent leur humilité, elle leur persuadera que leur indignité doit s'opposer à une telle faveur. Mais leur foi est si forte et leur espérance tellement inébranlable, que saint Épiphane, saint Grégoire de Nysse, saint Jérôme, saint Germain de Constantinople et saint André de Candie assurent qu'ils n'eurent jamais le moindre doute pour toutes les choses que l'Ange leur avait dites.