‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 2 sur 303 · PRÉSENTÉE A LA REINE, ET ADRESSÉE · texte numérisé non relu

PRÉSENTÉE A LA REINE, ET ADRESSÉE

A toutes les Religieuses de Saint Benoît, de Sainte Ursule, de la Congrégation de Notre-Dame, de la Visitation, et à toutes les autres qui reçoivent des petites filles dans leurs Monastères, pour les élever en la crainte et en l'amour de Dieu.

Ex ore infantium et lacteritium, perfecisti tandem, tproptcr inimicos tuos :

ni destruas inimicum et ultorem.

Ps. vni, 3.

Les prêtres éminents qui tirent revivre h piété et l'esprit ecclésiastique dans le clergé de France au XVIIe siècle furent tous de fidèles serviteurs de Marie ; mais je ne sais s'il en est un seul qui l'ait aimée avec autant de tendresse et servie avec autant de zèle que le Vénérable Père Eudes. Lui-même entendait ne le céder à personne sur ce point. « Je cède volontiers à tout le monde, disait-il, en esprit et en talent, en science et en tout le reste, mais je ne saurais supporter que personne me surpasse en respect, en confiance et en amour envers la Mère de Dieu '. »

La dévotion du P. Eudes à Marie remontait à sa

l. Hérarubourg. Vertus ilu P. Eudes, p. 153 Edit. 1869 . Les prétentions du P. Eudes sur ce point étaienl connues jusqu'au Canada. Témoin ces premières lignes d'une lettre que le P. Chaumoriot, Jésuite, lui adressait de Québec, le 14 octobre 1.660 : « Mon Révérend Père, j'ai été consolé d'entendre de M. Torcapel la sainte ambition Hue vous avez de surpasser qui i|ue ce suit à aimer Notre-Dame. Plût à Dieu que vous pussiez communiquer cet esprit à tous les ambitieux de la terre. Oserai-je vous demander, pour l'amour de .Marie que vous aimez tant, de me procurer l'avantage d'être admis. comme le dernier de vos serviteurs, au service de celle souveraine Maîtresse, OU, si vous aimez mieux, comme le plus pelit de vos cadets, à l'adoption de cette Mère de miséricorde. Si vous mourez avant moi, auriez-vous la bonté de me résigner ou laisser en héritage, autant qu'il sera en votre pouvoir, une partie de la dévotion que vous avez pour elle, afin que vous continuiez, même après votre mort, de l'honorer sur la terre en ma personne? » Cf. Hérambourg, I. c, p. 149.

plus tondre eu lance. Premier né d'une mère qui ne connut les joies de la maternité qu'à la suite d'un vœu fait à la sainte Vierge, il croyait lui être redevable delà vie et se considérait comme l'enfant de sou Cœur1. Sa pieuse mère l'avait consacré à Marie des avant sa naissance-; il renouvela lui-même cette consécration, lorsque, au cours de ses études chez les Jésuites de Caen, il eut le bonheur d'être admis dans la congrégation de Notre-Dame :;. Ses biographes ' nous assurent que, dès cette époque, à l'exemple de quelques Saints dont il donne la liste dans l' 'En fance admirable*, il choisit Marie pour épouse, et dressa même un contrat d'alliance avec elle, dont la rédaction définitive datée de 1668, est toute empreinte de la plus exquise piété6. Quelque temps auparavant, à 1 âge de quatorze ans, il avait déjà fait le vomi de chasteté parfaite entre les mains de Marie 7.

A l'Oratoire, le P. Eudes apprit du Cardinal de Bérulle8 et du P. de Cbndren à ne jamais séparer Jésus et Marie dans ses pratiques de dévotion, et à honorer Jésus en Marie et Marie en Jésus. Il ne

1. Memoriale beneficiorum Dei, n.'i: Royaume de Jésus, Préface; Enfance admirable, 3e p.. eh. 15 : Cœur admirable, Ce hision.

■2. Royaume de Jésus, 1. c. : Enfance admirable, I. c. : Cœur admirable, 1 . c.

:!. Memoriale beneficiorum Dei. a. 1 : Enfance admirable, I. c. : Cœur admirable, 1. c.

i. Martine. Vie du P. Eudes, I, p. 16 : Costil, Annales, I. p. 15.

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