CHAPITRE VII
La sixième Excellence de la sainte Enfance de la bienheureuse Vierge, qui est la perfection et la beauté incomparable de son corps virginal.
Quoique les perfections naturelles du corps et de l'esprit humain ne soient pas mauvaises d'elles-mêmes, mais bonnes et louables, parce que Dieu en est l'auteur, des mains duquel il ne peut rien sortir qui ne soit bon ; néanmoins, eu égard aux maximes de l'Évangile, et à Tordre que Dieu a établi dans le christianisme, et à la nature de la grâce chrétienne, c'est une vérité très constante que tous les avantages naturels du corps et de l'esprit de l'homme sont des obstacles à cette même grâce, et par conséquent au salut et à la sanctification du chrétien. Car tout l'Évangile ne nous prêche autre chose, sinon que quiconque veut être chrétien, il faut qu'il renonce non pas seulement au péché et à Satan, mais à soi-même : Abneget semetipsum* . Quiconque veut être incorporé dans le nouvel homme, c'est-à-dire, en Jésus-Christ, il doit renoncer au vieil homme. Quiconque désire être revêtu de Jésus-Christ, selon ce divin commandement : Induimini Dominum Jesum'*, il est nécessaire qu'il se dépouille de l'homme de péché et de tous ses avantages. Quiconque veut renaître et vivre en Jésus- Christ, hors lequel il n'y a que mort et damnation pour nous, il faut qu'il meure à sa première naissance. Enfin toute la vie chrétienne^ dit saint Augustin, si on se conduit selon les règles de l'Évangile, est un martyre continuel.
C'est pour cette fin que la grâce du christianisme nous