Isa. XLVI
■418 l'enfance aumikable
sance. C'est à vous de choisir, mon très cher frère : « Voilà la bénédiction, voilà la malédiction » : Ecceproposui vobis hodie benedictionem et malediclionem '. Choisissez donc, o. Si vous avez dessein de suivre notre aimable Enfant en sa patience, travaillez fortement à dompifir votre colère, vos chagrins, vos impatiences dans les accidents fâcheux qui arrivent souvent en cette vie : prenant toutes les choses de la main de Dieu, et les souffrant avec patience pour l'amour de lui.
6. Si vous souhaitez imiter son amour vers Dieu, bannissez entièrement de votre cœur l'amour du monde, l'amour des créatures, et l'amour désordonné que vous avez pour vous-même. Considérez souvent que vous n'êtes au monde que pour aimer Dieu ; que vous avez une infinité d'obligations- de l'aimer ; que cet amour est le vrai centre de votre cœur ; que c'est là qu'il trouvera son repos, sa paix et sa parfaite félicité ; et que, hors de là, vous ne trouverez jamais autre chose que trouble, qu'amertume, qu'angoisse, que tribulation, que malédiction, qu'enfer. Et partant, donnez tout votre cœur à celui qui vous le demande il y a si longtemps ; ne faites plus rien que pour son amour ; rendez-vous fidèle à tous les devoirs et obligations de votre condition pour l'amour de lui, et à faire toutes choses avec perfection, d'un grand cœur et d'une grande affection, pour l'amour de celui qui est tout cœur et tout amour vers vous : Corde magno et animo volenti*.
7. Si vous avez bien résolu d'imprimer sur votre cœur la ressemblance de la charité de notre très charitable Enfant, ne souffrez rien dans vos pensées, dans vos affections, dans vos paroles, ni dans vos actions, qui soit tant soit peu contraire à la charité fraternelle. Ne faites point à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ; et faites pour un chacun ce que vous voudriez qu'on fît pour
1 Deultr. XI, 26. — 2. II Mach. T, 3.
vous. Surtout détestez l'envie, la médisanse, le murmure, la raillerie, et ne gardez jamais aucune froideur ni ressentiment dans votre cœur ; mais laites profession hautement d'obéir de tout votre cœur à la voix de votre très aimable Sauveur, qui vous commande d'aimer ceux qui vous haïssent, de bénir ceux qui vous maudissent, et de prier Dieu pour ceux qui vous calomnient et qui vous persécutent.
8. Si vous êtes bien résolu de n'être point du monde, comme votre Père et votre Mère Jésus et Marie n'en ont jamais été : Non sum de mundo ', dit le Fils de Dieu : « Je ne suis point du monde » ; et sa très sainte Mère en a pu dire autant dès son Enfance : gravez dans votre cœur ces paroles de votre Sauveur, qu'il a dites deux fois en la veille de sa mort, parlant de ses enfants : Ils ne sont point du monde, comme je ne suis point du monde : De mundo nonsunt, sicut el ego non sum de mundo* ; et celles-ci de son Disciple bien-aimé : N'aimez point te monde, ni les choses qui sont dans le monde. Quiconque aime le monde, ne peut aimer Dieu, ni être aimé de Dieu2. Et quiconque, dit un autre Apôtre, veut être ami de ce monde, est ennemi de Dieu*.
Comme aussi, si vous désirez imiter le Fils et la Mère dans l'abnégation qu'ils ont pratiquée au regard d'euxmêmes, étudiez et pratiquez ces divines paroles du même Sauveur: Quiconque veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même, qu'il porte sa croix et qu'il me suive*.
9. Si vous aimez la pureté comme notre très sainte Enfant l'a aimée, qui en a fait vœu dès le premier moment