‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 25 sur 303 · Ad Harmonium. Cf. Royaume de Jésus, 2 part., XXXVIII · texte numérisé non relu

Ad Harmonium. Cf. Royaume de Jésus, 2 part., XXXVIII

54 l'enfance admirable

saints Pères les appellent ainsi, et saint Augustin dit que le vœu du Baptême est le plus grand de tous les vœux, volum maximum nostrum ' ; ne leur souffrir pas, dis-je, de les violer, du moins pendant qu'elles sont dans vos saints monastères, en suivant les pompes de Satan, qui ne sont autres que les pompes du monde, en leurs habits, en leurs cheveux, en leur jupes traînantes, en la nudité de leur sein, de leurs épaules et de leurs bras. Car ce serait une chose monstrueuse et scandaleuse de voir l'idole de Dagon avec l'arche du Dieu vivant, les pompes sataniques dans les lieux saints, des amazones du diable (car saint Jérôme les appelle ainsi2), parmi les épouses de Jésus-Christ.

Quoi, mes chères Sœurs, voudriez vous souffrir que l'ennemi juré de votre adorable Époux fît ainsi triompher ses pompes diaboliques dans sa maison et en sa présence ? IN'auriez-vous point d'horreur que vos mains consacrées à Dieu servissent d'instrument à Satan pour habiller ces enfants mondainement, pour friser et ajuster leurs cheveux selon la vanité du monde ; pour leur mettre des mouches sur le visage ; pour faire voir la nudité de leurs bras, et pour les parer et attiffer à la mode des femmes et filles mondaines ? Me serait-ce pas vous rendre coupables avec elles de l'apostasie des vœux solennels de leur baptême ? Quelle serait votre condamnation, à l'heure de votre mort, si la divine Providence, vous ayant mis ces pauvres enfants entre les mains pour en faire des chrétiennes et des servantes de Dieu, vous en faisiez des païennes et des esclaves du diable ? Lisez, je vous en prie, l'épouvantable châtiment de la divine justice sur une dame romaine, pour avoir habillé une fille chrétienne mondainement, rapporté par saint Jérôme, l'un des quatre Docteurs de la sainte Église, dont le récit est couché au

1. Epist. 149, Ad Paulinum, n. 16. Cf. Royaume de Jésus, 1. c. îi. « Habet in castris suis amazonas. » Lib. 'J. adv. Jovin.

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chapitre 29e' de la première partie de ce livre. Si vous prenez la peine de lire ce chapitre tout entier, avec le 28e qui le précède et le 30° qui le suit, vous y trouverez des choses qui vous feront voir que ce que je vous dis ici n'est pas de peu de conséquence.

Mais si vous vouliez avoir un petit livre, intitulé : Le Contrat de V homme avec Dieu par le saint Baptême*, vous y trouveriez des choses qui vous consoleraient, et qui vous serviraient beaucoup pour apprendre à vos petites tilles à être chrétiennes.

Plût à Dieu que toutes les religieuses qui en prennent dans leurs monastères, voulussent se conformer à la conduite que les religieuses de la Visitation de Sainte-Marie tiennent au regard de leurs pensionnaires, spécialement en ce qui regarde la manière de les habiller. Il n'y a rien de si modeste, ni même rien de si propre. Vous n'y voyez ni cheveux, ni mouches, ni nudités, ni rien de mondain; mais vous diriez qu'elles sont revêtues de la propreté et de la modestie même.

La septième et la principale chose que vous ayez à faire, mes chères Sœurs, au regard de vos petites filles, si vous désirez en faire des prédestinées, c'est de leur mettre bien avant dans le cœur une particulière dévotion à la très sacrée Mère de Dieu, et spécialement à sa sainte Enfance. Pour cet effet, recommandez-leur la lecture de ce livre, et les disposez à se dédier et consacrer à cette aimable Enfant, en la manière qui est écrite au chapitre pénultième de ce même livre.

C'est pour cette fin que je vous le présente à toutes, suppliant de tout mon cœur mon très adorable Jésus et ma très aimable Marie de verser abondamment leurs saintes bénédictions sur celles qui le liront pour l'amour d'eux, avec désir d'en faire un saint usage, et de les faire entièrement et parfaitement selon leur Cceur.

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