Gai. v
2. « Induite vos, sicut electi Dei, sancti et dilecti, viscera misericordiœ, benignitatem, humilitatem, modestiam, patientinm. » Coloss. III, 1C.
SECOND POINT
Représentez-vous le Fils de Dieu conversant avec leSi hommes sur la terre. Voyez la merveilleuse modestie qui éclate en son visage, en ses yeux, en son parler, en son marcher, en ses gestes, en ses habits et en tous ses déportements. La bienheureuse Vierge déclara un jour à sainte Brigitte qu'il était doué d'une beauté, d'une douceur et d'une modestie si charmantes, que son aspect donnait de la consolation et de la joie non seulement aux gens de bien, mais aussi aux méchants, et même à ses ennemis, et que les Juifs qui étaient dans quelque tristesse ou affliction, se disaient les uns aux autres: « Allons voir le fils de Marie, sa vue nous consolera1. »
Adorez votre Sauveur dans cette admirable modestie. Rendez-lui grâces de l'honneur qu'il a rendu à son Père, et de l'exemple qu'il nous a donné par cette vertu. Entrez dans un grand désir de la pratiquer avec lui et pour l'amour de lui. Priez-le de Vous en donner la grâce, et d'anéantir en vous tout ce qui est contraire.
TROISIÈME POINT
Mettez-vous devant les yeux la modestie angélique de la petite Marie. Jamais il n'en fut une semblable après celle de Jésus. A envisager son port et son maintien, à la voir marcher, à l'entendre parler, à considérer ses gestes et sa composition extérieure, soit quand elle est debout, soit quand elle est assise, soit quand elle travaille, soit quand elle prend son repos ou son repas, soit
i. » Ipse enim tam pulcher facie erat, quod nullus videbat eum facie, qui non consolabatur in aspectu ejus. Justi vero spirituali consolatione consolabantur. Sed et mali a tristitia saeculi, tanto tempore quod eum videbant, relevabantur. Unde et dolentes dicere consueverunt : Eamus et Filium Mariao videamus, ut saltem tanto tempore relevemur. » Revel . lib. 4, cap. 70.
4G0 l'enfance admirable
quand elle converse avec le prochain, soit quand elle prie Dieu dans le temple ou ailleurs ; et à regarder son visage angélique, ses yeux colombins, la simplicité de Ses habits, qui n'avaient point d'autre couleur que celle qui est naturelle à la laine, et la sainteté de tous ses déportements, vous diriez que c'est un Ange visible, ouque c'est la modestie même incarnée1.
La modestie de cette divine Enfant procède de trois causes : Premièrement, de la pudeur virginale qui parait sur sa face et en tout son extérieur. Secondement, de ce qu'elle marche toujours en la présence de Dieu, étant continuellement unie avec lui d'esprit, de cœur, de pensée et d'affection. Troisièmement, de ce que le Saint-Esprit, qui la remplit et possède entièrement, et qui la règle en toutes ses actions, imprime en elle une image vivante et parfaite de la modestie adorable de celui dont elle doit être la Mère.
Rendez grâces à Dieu de l'avoir parée si avantageusement de cette sainte vertu. Offrez-lui tout l'honneur qu'elle lui a rendu par la pratique excellente qu'elle en a faite, en réparation des fautes que vous y avez commises. Écoutez et gravez dans votre cœur ces paroles du Saint-Esprit, et prenez résolution de les mettre en effet : Que votre modestie soit connue de tous les hommes; car le Seigneur est proche de vous-, qui vous regarde continuellement
Faites un bon examen sur la manière en laquelle vous
1. « Erat in rébus omnibus honest.a et gravis pauca adniodum eaque necessaria loquens, ad amliendum facilis et perquam atfabilis, bonorem suum et venerationem omnibus exhibens... Erat denique fastus omnis expers, simplex, minimeque vultum fingens, nihil mollitiei secum trahens, sed humilitatem praecellentem colens. Vestimentis quae ipsa gestavit coloris nativi contenta fuit... Et ut paucis dicam, in rébus ejus omnibus multa divinitus inerat gratia. » S. Epiph. apud Niceph. Hist. lib. 2, cap. 23.
2. « Modestia vestra nota sit omnibus hominibus : Dominus prope est. » Philip. IV, 5.