‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 33 sur 303 · PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE lil · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE lil

point dans la liante sainteté dont ils sont doués, et dans le pouvoir qu'ils ont de nous aider et favoriser auprès de leur sainte Fille et de leur adorable Fils, qui est Jésus. Ce sont deux beaux astres dans le ciel de l'Église, qui y répandent des lumières et des influences de giàce très salutaires, dont nous serions privés.

La seconde faveur que Dieu nous fait, en nous faisant naître cette sainte Enfant, est. qu'il met dans la race d'Adam une Mère de Dieu, qui est notre soeur, et qui, avec 'cela, est remplie d'une sagesse nonpareille, d'une bonté inconcevable et d'une puissance admirable, pour savoir, pour vouloir et pour pouvoir aider, protéger et favoriser tous ses frères et toutes ses sœurs dans tous leurs besoins et nécessités.

Je dis que Dieu nous fait cette très grande faveur par la naissance de cette sainte Enfant. Car, s'il avait voulu naître d'une Mère qui ne fût point venue au monde par voie de naissance, comme la première femme, elle n'aurait point été fille d'Adam, et par conséquent la race d'Adam n'aurait point été honorée d'une Mère de Dieu qui fût sortie de son sang, et la Mère de Dieu n'aurait point été notre sœur. Et ainsi c'est à la naissance de cette divine Enfant, qui s'appelle Marie, que nous avons l'obligation de cette incomparable faveur.

C'est aussi par la naissance de cette merveilleuse Enfant, que nous avons un troisième avantage qui surpasse infiniment les deux premiers, et que nous possédons un trésor immense, à savoir, un Homme-Dieu, qui est notre frère, étant sorti de la race d'Adam. Ce qui ne serait pas, s'il était né d'une Mère qui ne fût pas venue au monde par voie de naissance, et par conséquent qui ne fût pas fille d'Adam. Car cela étant, il ne serait pas lui-même de l'extraction d'Adam, et ainsi il ne serait pas notre frère.

Après ces vérités, quelle vénération et quelle dévotion devons-nous avoir pour la sainte Enfance de la bienlieu-

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reuso Vierge, à laquelle nous avons l'obligation de ces trois grandes faveurs ?

Mais ce n'est pas tout: le Fils de Dieu a voulu encore que sa très digne Mère ait passé par l'état de l'enfance, afin que la Mère portât en soi une image vivante et une ressemblance parfaite de tous les états de la vie de son Fils, et qu'elle fût, avec son Fils, en tous les états, le modèle et la règle de notre vie.

Elle a été semblable à son Fils dans l'état de sa vie cachée, depuis l'âge de douze ans jusqu'à trente, étant alors dans une vie cachée avec lui.

Elle lui a été semblable dans l'état de sa vie solitaire et pénitente dans le désert, étant pour lors dans une solitude conforme à la sienne.

Elle lui a été semblable dans l'état de sa vie conversante avec les hommes, depuis sa sortie du désert jusqu'à sa mort, le suivant et accompagnant partout.

Elle a porté dans son Cœur une vive ressemblance de sa très douloureuse et ignominieuse Passion.

Aussi a-t-il voulu qu'elle passât par toutes les bassesses, faiblesses et nécessités de l'enfance, comme il y devait passer après elle, afin que Marie Enfant fût une image vivante et très accomplie de Jésus Enfant, et qu'elle fût avec son Fils, dans l'état de son Enfance, un exemplaire et une règle de la vie que tous les chrétiens doivent mener, qui sont obligés par les lois évangéliques, d'être des enfants en innocence, en simplicité, en humilité, en obéissance, en pureté, en douceur et en mansuétude. Soyez comme des enfants qui viennent de naître, dit le Saint-Esprit par la bouche du Prince des Apôtres, sans malice, sans tromperie, sans dissimulation, sans envie, sans détraction1. Je vous dis en vérité (c'est notre

1. « Déponentes igitur omnem malitiatn, et omne dolum, et simulationes, et invidias, et omnes detractiones, sicut modo geniti infantes, rationabile, sine dolo lac concupiscite. » I Pet. II, 1, 1.

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