PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III fi
Sauveur qui parle), que si vous ne nuits convertissez, et si vous ne devenez semblables â des petits enfants, vous n'entrerez jamais dans le royaume des deux1.
Regardons souvent ce divin exemplaire ; étudions soigneusement cette sainte règle, afin de la suivre fidèlement.
Voilà les desseins de la bonté infinie de Dieu au regard de nous, dans la sainte Enfance de la glorieuse Vierge. Voilà les raisons pour lesquelles il a voulu qu'elle ait passé par l'état de l'enfance ; ce qui nous oblige à lui en rendre des grâces immortelles, et à concevoir un grand désir d'honorer cette admirable Enfant en toutes les manières qu'il nous sera possible.
Enfin, cet adorable Jésus, Fils de Marie, et cette aimable Marie, Mère de Jésus, étant unis ensemble par le mystère ineffable de l'Incarnation d'une manière la plus divine et la plus étroite qui fut ni qui sera jamais, nous ne devons jamais les séparer dans nos devoirs et exercices de piété et de religion. C'est pourquoi, comme il n'y a point aujourd'hui de véritable chrétien qui n'ait beaucoup de vénération pour la divine Enfance de son Rédempteur1, il n'y en a point aussi qui ne soit obligé
1. « Amen dico vobis, nisi conversi fueritis, et efficiamini sicut parvuli, non intrabitis in regnum cselorum. » Matth. XVIII, 3.
2. La dévotion au saint Enfant Jésus, déjà chère à un grand nombre d'âmes pieuses, prit un véritable essor au XVIIe siècle, grâce à l'apostolat des RR. PP. de Bérulle et de Gondren, et surtout delà Vén. Soeur Marguerite du Saint-Sacrement, Carmélite de Beaune, qui institua une Confrérie ou Association en l'honneur de la sainte Enfance du Sauveur. Le Vén. P. Eudes embrassa lui-même avec ardeur et propagea cette dévotion. Non seulement il l'inspira à ses Instituts, mais il composa une brochure destinée à la répandre dans le peuple. Il fit célébrer dans ses Séminaires, la fête de la divine Enfance de Jésus par un office et une messe de sa composition. Il avait même composé sur ce sujet un livre aujourd'hui malheureusement perdu. Il se publia d'ailleurs à cette époque un certain nombre d'ouvrages sur Jésus Enfant. Voici ceux dont nous avons pu recueillir les titres :
1° Les Saintes faveurs du petit Jésus, par le P. Etienne Binet,
d'avoir une singulière dévotion à la sainte Enfance de la sacrée Mère de son Sauveur.
C'est à quoi je désire vous porter, mon cher lecteur, par les choses que j'ai à vous dire dans ce livre, dans lequel je vous mettrai devant les yeux les trésors inestimables de grâce, de perfection et de sainteté dont la divine Bonté a enrichi cette divine et admirable Enfant, pour établir par ce moyen, dans votre esprit, une haute estime de l'état de son Enfance, et pour imprimer dans votre cœur un grand désir de l'honorer, et dembrasser les moyens dont vous pourrez vous servir à cet effet, que vous trouverez à la fin de ce livre.