Ps. LXXXVI
après le péché du premier homme, en parlant au serpent: Inimicitias ponam inler te et mulierem, et semen tuumet semen illius ; ipsa conteret caput tnum1 : « Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta semence et la sienne; elle te brisera la tête. » Quelle est cette femme dont Dieu parle ici? Tout le monde demeure d'accord que c'est la très sointe Vierge. Quelle est la semence du serpent? Ce sont tous les infidèles et tous les impies: comme celle de cette divine femme est son Fils Jésus, et tous les vrais chrétiens.
Mais quelle est la tète du serpent, qui sera brisée par la Mère de Jésus? La tèle du serpent, c'est la superbe, qu'elle a vaincue par son humilité, qui est la première vertu qu'elle a pratiquée dès le premier moment de sa naissance, comme nous verrons ci-après.
La tête du serpent, c'est la concupiscence de la chair, qu'elle a terrassée par le vœu de virginité qu'elle a fait dès son Enfance, comme nous le ferons voir dans la suite de ce livre.
La tète du serpent, c'est le péché originel, qu'elle a écrasé dès le premier instant de sa vie.
Je pourrais mettre en avant plusieurs autres oracles des saintes Écritures, qui nous marquent les qualités, les vertus et les mystères de la merveilleuse Enfance de la très sacrée Vierge, que Dieu nous a promise et annoncée par lui-même dès la naissance du monde, et ensuite par la bouche des Prophètes. A raison de quoi elle est appelée, par saint Jérôme, Vaticinium Prophetarum, « la fin et le but de tous les oracles des Prophètes » ; et par saint André de Crète, Summa dioinorum oraculorum, « l'abrégé des divins oracles. » Et saint Bernard nous déclare qu'elle a été bien connue des Patriarches et des Prophètes : Patriarchis et Prophetis prxcugnita* ; et que toutes les