Conc. 2 Nie. Act. 3 et
terre en l'an 1200, et celui de Cantorbéry, en l'an 1320, qui autorisent la fête de la Conception immaculée de cette divine Marie. Mais surtout le saint Concile de Trente, qui déclare manifestement qu'il n'entend point la comprendre dans le décret du péché originel \
Après que le glorieux apôtre saint André nous a^ marqué si évidemment, étant proche de la mort, son sentiment en ces paroles : Comme le premier Adam a été formé de la terre, auparavant quelle fût maudite, aussi le second Adam a été formé de la terre virginale, qui na jamais su ce que c'est que malédiction*.
Après que l'apôtre saint Jacques le Mineur a fait une célèbre mention, dans sa Liturgie, de la Mère de son divin Maître, comme de celle qui est très sainte, qui est immaculée, qui est bénite par-dessus toutes les créatures, qui est plus honorable que les Chérubins, et plus glorieuse que les Séraphins, qui a toujours été bienheureuse et irrépréhensible en toutes manières'*.
Après que saint Thésiphon4, disciple de saint Jacques le Majeur, nous a laissé par écrit qu'il a appris de la bouche de ce grand Apôtre que la grâce que Dieu a faite à cette aimable Marie, de l'exempter du péché originel, est une doctrine enseignée par les Apôtres en ces termes : Illa Virgo, illa Maria, Ma Sancta prœservata fuit a peccato originali, in primo instanti suse Conceptionis :
1. « Déclarât tamen haec sancta Synodus, non esse suae inlentionis comprehendere in hoc decreto ubi de peccato originali agilur, beatam et immaculatam Virginem Mariam, Dei Genitricem. » Sessio 5, De Peccato orig.
2. « Sicut Adam formatus ex terra, antequam esset maledicta, ita et secundus Adam ex terra Virginea nunquam maledicta. » Abdias in gestis D. Andreae, 1. 4. Cf. Vega, Theol. Mariai. Palœstr. 36, cert. 6.
3. «. Commémorantes sanctissimam, immaculatam, gloriosissimam Dominam nostram... honorabiliorem quam Gherubim, et gloriosiorem quam Séraphin». .. in omnibus modis irreprehensam. » Liturg. S. Jacobi, in Bibliotheca Patrum.
4. Sur ce témoignage de S. Thésiphon Cf. Vega, Theol. Mar. Pal. 3, cert. 5, n» 258.
106 l'enfance admirable
« Cette Vierge*, cette Marie, cette Sainte a été préservée du péché originel au premier instant de sa Conception. » Nequaquam Angélus Virgini diceret : Ave, gralia plena, si in originali peccato fuisset concepta : « Jamais l'Ange ne dirait à la Vierge : Je vous salue, pleine de grâce, si elle avait été conçue. en péché originel », dit le même saint ïhésiphon.
Après que les Souverains Pontifes Alexandre V, Sixte IV, Alexandre VI, Jules II, Léon X, Paul V et Grégoire XV ont autorisé cette très pure Conception, qu'ils ont recommandé d'en célébrer la fête, qu'ils en ont approuvé l'office, et que même quelques-uns d entre eux ont défendu très expressément, et à peine d'excommunication, de rien dire contre cette doctrine, ni de bouche, ni par écrit, ni en public, ni en particulier.
Et après que, en l'année 1661, le huitième de décembre, le Pape Alexandre VII, ayant renouvelé par un nouveau décret les Constitutions de ses prédécesseurs, à la recommandation de cette très pure Conception, a déclaré que c'est ici proprement le sujet de la solennité que la sainte Église célèbre en l'honneur de ce très saint mystère. En suite de quoi il prononce des peines très rigoureuses contre tous ceux qui diront ou enseigneront le contraire, en quelque façon que ce soit.
Après que tous les États et tous les Ordres de l'Église ont embrassé, avec tant de ferveur et tant de joie, la dévotion de ce merveilleux mystère.
Après qu'un grand nombre de saints Pères, qui ont paru dans tous les siècles de l'Église, se sont déclarés en faveur de la très parfaite innocence de la Reine du ciel, en diverses manières, la plus grande partie ayant soutenu ouvertement et manifestement qu'elle a été conçue sans péché, et les autres ayant appuyé cette doctrine par des paroles qui, étant bien expliquées, disent la même chose. Voici les uns et les autres, selon le té-
moignage du docte et pieux Salazar1 de la Compagnie de Jésus, qui rapporte leurs paroles, et qui marque les lieux d'où il les a tirées :
Au premier siècle : Saint Jacques le Majeur, saint Jacques le Mineur, saint Marc l'Évangéliste, saint Ignace martyr, saint Denys l'Aréopagite.
Au deuxième siècle : Saint Justin martyr, et saint, Irénée.
Au troisième siècle : Saint Hippolyte martyr, saint Cyprien, saint Denys Alexandrin, Chrysippus.
Au quatrième siècle : Saint Athanase, saint Éphrem, saint Basile le Grand, saint Ambroise, saint Grégoire de iNysse, saint Jérôme, saint Sophronius Patriarche de Jérusalem, et saint Chrysostome.
Au cinquième siècle : Saint Augustin, saint Maxime, Sedulius, saint Cyrille Alexandrin, Proclus, saint Basile de Séleucie, Eusèbe Émissène, saint Pierre Cbrysologue.
Au sixième siècle : Saint Fulgence, Anastase Sinaïte, André de Crète
Au septième siècle : Hésychius de Jérusalem, sainl Antioche, saint Éloi évèque de Noyon, saint Ildefonse archevêque de Tolède.
Au huitième siècle : Saint Jean Damascène, et Paulin évèque d'Aquilée.
Au neuvième siècle : Saint Nicépbore, Patriarche de Constantinople.
* Au dixième siècle : George de Nicomédie, le très sage Idiot2, saint Fulbert, évèque de Chartres.
Au onzième siècle : Saint Pierre Damien cardinal, saint Anselme, saint Bruno.