‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 14 sur 252 · XVIII UEITVRES DU V. J. EUDES · texte numérisé non relu

XVIII UEITVRES DU V. J. EUDES

l'énorme diffusion de ses ouvrages, dont la plupart furent enlevés dès leur apparition, et dont on faisait chaque année des éditions nouvelles, même à l'insu de Fauteur. Malgré la haine des Jansénistes, qui ne cessa de poursuivre, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, tout ce qui provenait de cet homme de Dieu, — haine dont on retrouve encore des traces dans certains ouvrages modernes, tels que les dictionnaires biographiques de Feller et autres, — les écrits du P. Eudes étaient très goûtés des âmes vraiment pieuses, parce qu'ils faisaient du bien, parce qu'ils allaient au cœur, parce qu'ils prêchaient la miséricorde et l'amour du Cœur de Jésus. On y respirait un parfum de sainteté qui n'émanait point des livres jansénistes.

Ecoutons maintenant des biographes et des juges impartiaux : « Tout ce qui sortait de la bouche du P. Eudes, dit l'un de ses historiens, était tellement accompagné de grâces et de bénédictions, que les choses les plus communes paraissaient comme transfigurées, et que les vérités les plus simples touchaient les cœurs les moins sensibles.

« C'est aussi, ajoute-t-il, ce qu'on peut remarquer dans les livres qu'il adonnés au public. On n'y voit d'abord qu'une grande simplicité, un style qui n'a rien de pompeux, une éloquence dénuée de ces artitifices que la rhétorique enseigne ; mais sous cette simplicité on sent une vertu secrète et cachée qui porte la lumière dans l'esprit, la chaleur dans le cœur, la force dans la volonté ; l'intelligence s'ouvre à la clarté de la vérité, et l'âme s'embrase d'amour pour la vertu. Le saint Evangile, sous la simplicité de ses expressions, ne cache-t-il pas aussi les plus

PRÉFACE GÉNÉHALE XIX

hauts mystères de notre religion et les plus beaux secrets de la grâce?

« Ce caractère général aux livres du P. Eudes, les fit estimer des gens de bien à tel point qu'une pieuse communauté prescrivait à ses pensionnaires d'apporter avec eux quelques-uns de ses ouvrages si riches de la science des Saints '. »

Comme pour saint Thomas d'Aquin, saint Bonaventure et tant d'autres, cette science, cette onction étaient surtout « le fruit de ses oraisons fréquentes... Jamais personne n'a entretenu un commerce plus fréquent avec Dieu et avec les hommes tout à la fois. Quand il pouvait disposer d'un moment de loisir, il en profitait pour se jeter au pied de la croix de son Sauveur; et quand tout son temps était pris par les occupations diverses et incessantes de la vie apostolique, surtout dans les missions, il y suppléait par des oraisons jaculatoires qui devenaient une sorte d'oraison continuelle -. »

« Tous ses livres remplis d'onction, dit à son tour l'Annaliste de la Congrégation de Jésus et Marie, montrent quelle était la solidité de la piété et du zèle de l'auteur, les lumières qu'il avait reçues sur les mystères de la religion, comme sur les devoirs de la vie chrétienne et spirituelle 3. »

Héliot, dans son Histoire des Ordres religieux, Moréri, dans son Dictionnaire historique, font aussi un bel éloge des ouvrages du Vénérable P. Eudes. Le dernier dit qu'il sont « tout pleins de l'esprit de Dieu dont l'auteur était animé », et que c'est là le

1 Martine, Vie du P. Eudes, II, p. 432.

2 llnd.

3 Annales autogr. t. i, p. 044.

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