QUATRIÈME PARTIE. — ■ S I V
Saint-Esprit; comme aussi celles qui vus seront données à toute éternité, m1 unissant à toutes ces bénédictions, et vous suppliant de m'y unir par voire très grande bonté.
0 grand Jésus, vous êtes partout. Selon votre divinité, vous remplissez le ciel, la terre et l'enfer même de la grandeur immense de votre divine majesté, et vous êtes très digne d'être aimé et glorifié partout. Aussi êtes-vous aimé et glorifié infiniment au ciel, en la terre et même en l'enfer, par votre Père éternel et par votre Saint-Esprit, qui sont partout avec vous, et qui vous aiment et glorifient incessamment en tout lieu.
Et ainsi les cieux, la terre, et même les enfers sont remplis de votre amour, de votre gloire et de votre louange : Plcni sunt cœli et terra gloria tua*. Je dis même les enfers, parce qu'ils sont pleins de l'amour, de la gloire et des louanges qui vous y sont données par votre Père et par votre Saint-Esprit. Ah ! mon cher Jésus, que d'aises et de réjouissances pour moi, de voir que tout le monde est ainsi rempli de votre gloire !
Certes, mon Sauveur, puisque vous êtes ainsi partout, et que vous méritez d'être loué en tous lieux, je veux aussi vous louer partout. El à celle fin, je m'unis et vous supplie de m'unir à toute la gloire qui vous est rendue au ciel, en la terre et en l'enfer, et qui vous y sera rendue à jamais.
De plus, je veux descendre maintenant en esprit dans l'enfer ; et là, au milieu de vos ennemis, malgré la haine et la rage qu'ils ont contre vous, en union du très grand amour que votre Père et votre Saint-Esprit vous portent en ce lieu, je vous adore, je vous aime et vous bénis de tout mon cœur, û mon Seigneur Jésus, pour tout ce que vous êtes en vous-même et en toutes choses, et même pour tous les effets de justice que vous opérez sur les démons et sur les damnés.
• h<i. VI, 3.
0 très adorable Jésus, que n1ai-je en moi toutes lesforces et toute la capacité que ces malheureux avaient autrefois de vous aimer et glorifier, et qu'ils ont perdue par leur malice, afin de l'employer à votre louange et en votre amour ! Hélas ! Seigneur, ces perfides sont continuellement appliqués, et de toute leur puissance, à vou& offenser ! Hé que n'ai-je au moins autant de ferveur et d'attention à vous louer, comme ils ont de fureur et d'application à vous blasphémer ! Mais si je pouvais en quelque façon réparer le déshonneur et les malédictions qu'ils rendent à mon Sauveur !
0 bon Jésus, ces misérables ayant reçu de vous l'être, la vie et les perfections naturelles qu'ils ont, ils devraient les employer pour votre gloire : et cependant ils font tout le contraire. Mais je dois et veux suppléer à leur défaut, et faire pour eux ce qu'ils devraient faire. Car l'être, la vie et les perfections naturelles des démons et de tous les réprouvés vous appartenant, ô mon Dieu, comme une chose qui est sortie de vous, et par conséquent m'appartenant aussi, puisque toutes choses sont à moi, selon cette parole de votre Apôtre : Omnia vestra sunt1, parce qu'en vous donnant à moi, vous m'avez donné tout ce qui est à vous ; il s'ensuit nécessairement que je puis et que je dois employer pour votre gloire cet être, cette vie et cette perfection naturelle des dénions et damnés, parce que je suis obligé d'employer tout ce qui m'appartient à votre gloire et à votre louange. C'est pourquoi je vous offre et réfère ces choses, ô mon Jésus, comme choses miennes ; je vous en fais hommage, je les anéantis à vos pieds, et je les sacrifie entièrement et pour jamais à votre louange et à votre gloire. C'est là l'usage et l'emploi que j'en désire faire, afin qu'ainsi, malgré ces malheureux, vous soyez glorifié dedans eux.
■ I Cor. III, 22.