QUATRIÈME PARTIE. — § IV
Outre cela, je veux encore descendre en esprit dans l'enfer, me mettre dans la place que vous connaissez, ô mon Dieu, que j'ai méritée par mes péchés, et dans laquelle j'aurais été en effet si vous ne m'en aviez délivré par votre miséricorde. Et là je veux vous adorer et vous aimer, ô mon souverain Juge, et je veux vous adorer, vous aimer et vous glorifier dans tous les effets de justice que vous auriez opérés sur moi à toute éternité, si votre miséricorde n'avait eu compassion de ma misère.
0 très bénin Jésus, j'ai une confiance très grande dans votre infinie bonté, que vous me donnerez la grâce d'être du nombre de ceux qui vous béniront éternellement- Mais néanmoins, si j'étais si malheureux que de résister aux desseins de votre bonté, et de me rendre par mes péchés la victime de votre justice, je voudrais dès maintenant, ù grand Dieu, faire volontairement et par amour ce qu'alors je devrais faire, et que pourtant je ne ferais pas, si ce n'était nécessairement et par force; c'est-àdire, je voudrais dès maintenant adorer, aimer et bénir de tout mon cœur et de toutes mes forces, votre très équitable jugement sur moi, et tous les effets que votre justice opérerait en moi à toute éternité, et ainsi dire avec votre prophète : Justus es Domine, et rectum judicium tuum1 : « Vous êtes juste, ô Seigneur, et votre jugement est droit et équitable. » Mais pourtant, ô mon très désirable Jésus, j'ai derechef une confiance très assurée en votre immense miséricorde, que vous me délivrerez d'un tel malheur. Car, hélas ! Non mortui laudabunt te, Domine, neque omnes qui descendunt in infernum* : « Les morts, c'est-à-dire, ceux qui sont morts de la mort éternelle, ne vous loueront point, ô Seigneur, ni tous ceux qui descendent en enfer. » C'est pourquoi, Hic ure, hic seca, modo in seternum parcas 3 : « Brûlez dé-