VII. — Exercice d'amour vers Jésus
Entre les devoirs et exercices d'une âme vraiment chrétienne, le plus noble, le plus saint, le plus relevé et celui que Dieu demande de nous principalement, c'est l'exercice du divin amour. C'est pourquoi vous devez avoir un grand soin, dans tous vos exercices de piété et dans toutes vos autres actions, de protester à Notre- Seigneur Jésus-Christ, que vous les voulez faire, non pour la crainte de renier, ni pour la récompense du paradis, ni pour le mérite, ni pour votre satisfaction et consolation ; mais pour l'amour de lui-même, pour son contentement, pour sa seule gloire et pour son très pur amour.
Comme aussi vous devez souvent vous exercer dans les considérations et dans les actes de ce divin amour.
Je vous en ai déjà marqué plusieurs dans les précédents exercices ; mais outre cela, en voici encore trentequatre, en l'honneur des trente-quatre années de la vie de Jésus sur la terre, toute d'amour ; avec quelques autres, desquels vous pourrez vous servir en tout temps, mais spécialement en ce jour de retraite que vous ferez tous les mois, ou bien en quelque autre jour qu'il serait bon de prendre exprès en chaque mois, pour vous employer à bon escient en cette divine occupation, qui est la plus grande, la plus sainte et la plus digne occupation des Anges, des Saints et de Dieu même, en laquelle il a été, est et sera employé durant toutes les espaces infinies de l'éternité.
VIII. — Exercice d'amour divin, contenant trente-quatre actes d'amour vers Jésus, en l'honneur des trentequatre années de la vie toute d'amour qu'il a eue dans le monde.
I. s~\ Jésus, mon Seigneur, vous êtes tout aimable, tout ^~J infiniment aimable et infiniment digne d'être aimé. C'est assez, mon Dieu, que j'aie cette connaissance. Qu'ai-je à faire de tant de science, de lumières et de considérations? Il me suffit de savoir que mon Jésus est tout aimable, et qu'il n'y a rien en lui qui ne soit digne d'être infiniment aimé. Que donc mon esprit se contente de cette connaissance ; mais que mon cœur ne se rassasie jamais d'aimer celui qui ne peut jamais être assez aimé.
II. Hélas ! il est vrai, je le sais bien, mon Sauveur, qu'il n'est pas digne de vous aimer, ce cœur trop chétif et imparfait ; mais vous êtes très digne d'être aimé, et vous n'avez créé ce pauvre cœur que pour vous aimer ; voire même vous lui commandez, sous peine de la mort, et de la mort éternelle, de vous aimer. Ali ! Dieu de mon cœur, il n'est point besoin de commandement : c'est ce que je veux, Seigneur, c'est ce que je désire, c'est pour cela que mon cœur soupire. Oui, mon Jésus, je souhaite ardemment de vous aimer. Oui, mon cher Jésus, je ne veux plus avoir d'autre désir que celui-ci. Adieu toute autre pensée, toute autre inclination, tout autre vouloir. Je ne souhaite plus qu'une chose, je ne désire plus rien qu'une seule chose, je ne veux plus rien sinon d'aimer Jésus, l'amour et les délices du ciel et de la terre. Hé Jésus ! hé mon cher Jésus-} Qu'est-ce que je désire en la terre ? Rien autre chose, mon Tout, sinon de vous aimer.
III. 0 très désirable Jésus, certes je veux vous aimer ; mais je veux vous aimer, non pas seulement de toute la