‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 159 sur 252 · QUATRIÈME PARTIE. — § VIII .'{ÎS · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — § VIII .'{ÎS

puissance de ma volonté qui est trop faible, mais je veux vous aimer de toute l'étendue et de toutes les forces de votre divine volonté, qui est mienne, puisque vous vous êtes tout donné à moi ; comme aussi de toutes les volontés des hommes et des Anges, qui sont encore toutes miennes, puisqu'en vous donnant à moi, vous m'avez tout donné. Ah ! Seigneur, plût à Dieu être tout converti en désir, en soupir, en vouloir, et en langueur, pour désirer et vouloir davantage vous aimer !

IV. 0 le Désiré de mon âme, exaucez ma prière s'il vous plaît ; entendez les soupirs de mon cœur et ayez pitié de moi. Hé ! vous le savez bien, Seigneur, ce que j'ai à vous demander, mon cœur vous l'a tant dit. Je ne demande rien autre chose, sinon la perfection de votre saint amour. Je ne désire plus rien sinon de vous aimer et de croître toujours de plus en plus en ce désir. 0 l'objet de tous mes désirs, accroissez en moi ce désir que vous m'avez donné de vous aimer ; mais accroissez-le tellement, et le rendez si puissant et si ardent, que désormais je languisse incessamment du désir de votre amour.

V. 0 tout aimable et tout désirable Jésus, allumez en mon âme une soif si ardente, une faim si extrême de votre saint amour, que ce me soit un martyre continuel de ne vous aimer pas assez, et que rien ne me puisse plus affliger en ce monde, sinon de vous aimer trop peu.

VI. Hé ! bon Jésus, qui ne voudrait vous aimer ? Hé ! qui ne souhaiterait d'aimer toujours de plus en plus une bonté si aimable? Mon Dieu, ma vie, mon tout, je ne puis me contenter de vous dire que je désire vous aimer en la manière la plus parfaite qui me sera possible, et que je le désire tellement, que, s'il était possible, je voudrais que pour cela tout mon esprit fût converti en souhait, mon àme en désir, mon cœur en soupir, et ma vie en langueur.

.'{H(i LE ROYAUME DE JÉSUS

VII. 0 le Roi de mon cœur, ayez pitié de ma misère, s'il vous plaît. Je veux vous aimer, vous le savez ; mais, hélas ! vous voyez combien j'ai de choses en moi contraires à votre amour. La multitude innombrable de mes péchés, ma propre volonté, mon amour-propre, mon orgueil et tous mes autres vices et imperfections m'empêchent de vous aimer parfaitement. Oh ! que je déteste et que j'ai en horreur toutes ces choses qui s'opposent au désir que j'ai de vous aimer ! Mon Dieu, que faut-il que je fasse pour les anéantir? car me voici tout prêt de faire et de souffrir tout ce qu'il vous plaira pour cette fin. Hé ! Seigneur, si je pouvais et s'il m'était permis de me mettre en pièces, de me réduire en cendre et en poudre, et m'anéantir entièrement pour anéantir en moi tout ce qui est contraire à votre amour, que je le ferais très volontiers, moyennant votre grâce ! Mais vous, mon Sauveur, mettez-y la main vous-même, s'il vous plaît. Employez la puissance de votre bras, pour exterminer de mon àme tous les ennemis de votre amour.

VIII. 0 Jésus, il n'y a rien en vous qui ne soit tout amour, et tout amour pour moi ; et au lieu que je devrais être tout amour pour vous, il n'y a rien en moi, comme de moi, tant en mon corps qu'en mon àme, qui ne soit tout contraire à votre amour. Oh ! douleur! oh ! angoisse! quel moyen de me pouvoir supporter? Hé divin amour, où ètes-vous ? où est votre puissance? où est la force de votre bras ? 0 feu consommant et dévorant, où sont vos célestes ardeurs ? Que ne me consommez-vous entièrement, puisque tout ce qui est en moi vous est si contraire ? Que n'anéantissez-vous totalement en moi cette vie maligne et pécheresse, pour y établir votre vie sainte et divine?

IX. 0 amour tout puissant, je me livre et abandonne tout à votre puissance sacrée. Venez, venez s'il vous plaît en moi, pour y détruire tout ce qui vous déplaît,

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