‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 180 sur 252 · IV. — Seconde Méditation · texte numérisé non relu

IV. — Seconde Méditation

Pour le Lundi.

Sur le premier moment de la vie temporelle de Jésus.

l./~\ Jésus, je vous adore au moment de votre Incarna- ^-' tion, qui est le premier moment de votre vie temporelle et passible. J'adore toutes les choses merveilleuses qui se sont passées en vous en ce moment. Oh ! •que de choses grandes ont été opérées en vous et par vous, en ce bienheureux instant, au regard de votre Père, de votre Saint-Esprit, de votre humanité sainte et de votre sacrée Mère ! Quelles pensées, quelles affections, quel amour, quelle application de votre àme sainte au regard de votre Père, en cet instant, pour l'adorer, le glorifier et vous sacrifier entièrement à sa gloire, et à l'accomplissement de toutes ses volontés ! 0 bon Jésus, j'adore ces premières pensées et ces premiers actes d'adoration, d'oblation, d'amour et de louange que vous avez exercés pour lors au regard de votre Père Oh ! combien hautement et divinement vous l'avez glorifié et aimé ! Certes vous lui avez rendu infiniment plus d'honneur et d'amour en ce seul moment, que tous les Anges et les hommes ne lui en ont rendu en cinq mille ans qui ont précédé votre Incarnation, et ne lui en rendront en toute l'éternité. 0 Père de Jésus, que de contentement pour mon àme, de vous voir tant aimé et glorifié par votre Fils ! 0 Jésus, qu'à jamais soyez-vous béni, aimé et adoré, pour l'honneur et l'amour que vous avez rendu à votre Père, au bienheureux moment de votre Incarnation !

2. 0 Jésus, vous considérant en ce mystère, je vois, par la lumière de la foi, que vous avez de hautes pensées et de grands desseins sur celle dans laquelle il s'accomplit,

et que vous opérez en eile des choses grandes et merveilleuses. 0 Jésus, j'adore les premières pensées que vous avez eues, les premiers actes d'amour que vous avez produits et les premiers effets de grâce, de lumière et de sainteté très éminente que vous avez opérés au regard de votre sainte Mère, au moment de votre Incarnation. Comme aussi j'honore les premiers actes d'adoration, de louange et d'amour d'une telle Mère au regard d'un tel Fils. Béni soyez-vous, ô Jésus, Fils de Marie, pour toutes les merveilles que vous avez opérées en votre divine Mère par ce mystère admirable. Bénie soyez-vous, ô Mère de Jésus, pour toute la gloire que vous avez rendue à votre Fils en ce même mystère. Unissez-moi, s'il vous plaît, à tout l'amour et l'honneur que vous lui avez rendu en ce premier instant de sa vie, et me faites participant de ce même amour que vous lui portez, et du zèle que vous avez pour sa gloire.

3. O très aimable Jésus, au même instant que vous vous êtes tourné vers votre Père, ensuite de votre Incarnation, vous vous êtes tourné aussi vers moi. Au même instant que vous avez commencé à penser à lui, à vous référer à lui et à l'aimer, vous avez commencé semblablement à penser à moi, à vous donner à moi et à m'aimer. Au même instant que vous avez commencé à vivre, vous avez commencé à vivre pour moi, à me préparer et acquérir des grâces très signalées, et à former de grands desseins sur moi. Car dès lors vous avez pris dessein et avez conçu un très grand désir de mettre en moi une image du mystère de votre Incarnation, et de vous incarner en quelque façon dedans moi, c'est-à-dire de m'unir à vous et de vous unir à moi corporellement et spirituellement par votre sainte grâce et par vos divins sacrements, et en une manière très intime et particulière ; et ensuite, de me remplir de vous-même, et de vous former et établir en moi, afin d'y vivre et régner parfaitement. Oh ! quelle bonté, oh ! quel amour ! Béni soyez-

CINQUIÈMK PAKTIE. — § V 423

vous infinies fois, ô bon Jésus ! Que toutes vos miséricordes et toutes les merveilles que vous avez opérées pour les enfants des hommes vous bénissent éternellement ! .levons demande très humblement pardon de l'empêchement que j'ai apporté par le passé à l'accomplissement de ces grands desseins que vous avez daigné avoir sur moi. Ne permettez plus que j'y en apporte pour l'avenir. Car je veux désormais anéantir en moi, à quelque prix que ce soit, tout ce qui est contraire cà vos saintes volontés. Mon Jésus, donnez-moi grâce et force pour cela, s'il vous plaît.

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