V. — Troisième Méditation
Pour le mardi.
Sur la sainte Enfance de Jésus.
lf\ grand et admirable Jésus, vous ne vous êtes pas ^ contenté de vous faire homme pour l'amour des hommes, mais vous avez voulu aussi être enfant, et vous assujettir à toutes les bassesses et infirmités de l'enfance, pour honorer votre Père éternel en tous les états de la vie de l'homme, et pour sanctifier tous les états de notre vie. Béni soyez vous, ô bon Jésus, pour ces choses. Que tous vos Anges et vos Saints vous bénissent éternellement. O très aimable Enfant, je vous offre l'état d'enfancepar lequel j'ai passé, vous suppliant très humblement que, par la vertu de votre divine enfance, vous effaciez tout ce qu'il y a eu de mauvais et d'imparfait dans mon enfance, et que vous fassiez en sorte que tout l'état de mon enfance rende un hommage éternel à votre très adorable enfance.
2. O divin Jésus, vous contemplant dans votre sainte enfance, je vois que vous n'y êtes pas oisif, mais que
vous y opérez choses grandes au regard de votre Père éternel, étant sans cesse occupé à le contempler, adorer et aimer ; au regard de votre divine Mère, la comblant d'un monde de grâces et de bénédictions ; au regard de saint Joseph, du petit saint Jean-Baptiste et des autres Saints avec lesquels vous avez conversé en votre enfance,, opérant en eux des effets admirables de lumière et de sainteté. Je vous adore, vous aime et vous bénis dans toutes ces divines occupations et dans ces effets merveilleux de votre divine enfance. Je vous offre tout l'honneur et l'amour que vous avez reçu en votre sainte enfance, de votre Père, de votre Saint-Esprit, de votre sainte Mère, de saint Joseph, de saint Jean-Baptiste, de saint Gabriel, et des autres Anges et Saints qui appartiennent spécialement à votre divine enfance.
3. 0 très aimable Enfant, j'adore en vous toutes les pensées, les desseins et l'amour très ardent que vous avez eu au regard de moi, lorsque vous étiez dans l'état de votre enfance. Car vous pensiez à moi, et vous m'aimiez continuellement ; et dès lors, vous aviez un dessein et un désir très grand d'imprimer en moi une image de votre divine enfance, c'est-à-dire de me mettre dans un état d'enfance sainte et sacrée, qui aille imitant et honorant la douceur, la simplicité, l'humilité, la pureté de corps et d'esprit, l'obéissance et l'innocence plus qu'angélique de votre sainte enfance. 0 mon Jésus, je me donne à vous pour l'accomplissement de ce vôtre dessein et désir, et pour entrer en cet état. Et pour cet effet, je tâcherai désormais, moyennant l'aide de votre grâce que j'invoque de tout mon cœur pour ce sujet, de me rendre doux, humble, simple, pur, obéissant, sans fiel, sans amertume et sans malice, comme un enfant, afin de rendre quelque honneur par ce moyen à votre très honorable enfance.