‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 184 sur 252 · VII. — Cinquième Méditation · texte numérisé non relu

VII. — Cinquième Méditation

Pour le Jeudi

Sur la vie conversante que Jésus a eue en la terre, et qu'il y a encore par le Très Saint Sacrement.

l./\ très aimable Jésus, vous êtes vivant, régnant et conversant de toute éternité avec votre Père et votre Saint-Esprit. Ah ! que cette conversation vous est douce et délicieuse! Que de gloire, que d'amour, que de louanges

vous y recevez de votre Père et de votre Saint-Esprit ! Et cependant vous avez voulu sortir du sein de votre Père, pour venir en la terre et pour converser, boire et manger familièrement et visiblement, non seulement avec votre sainte Mère, saint Joseph et vos saints Apôtres et Disciples ; mais encore avec des hommes pécheurs, desquels vous n'avez reçu que toutes sortes d'outrages et d'indignités. Et vous avez voulu faire cela : 1.) Pour rendre hommage, par la conversation que vous avez eue avec votre sainte Mère et vos saints Apôtres et Disciples, à la sainte et divine conversation que vous avez avec votre Père et votre Saint-Esprit dans l'éternité ; 2.) Pour nous délivrer, par la peine que vous avez soufferte en la conversation des pécheurs, de la peine que nous avions méritée par nos péchés d'être réduits pour jamais en la misérable compagnie des démons, et pour nous rendre dignes de vivre éternellement en la société de vos Anges, de vos Saints, de votre bienheureuse Mère et des trois Personnes éternelles; 3.) Pour nous témoigner combien est véritable ce que vous dites, que vos délices sont d'être avec les enfants des hommes1; 4.) Pour nous acquérir, par le mérite de votre vie conversante, la grâce qui nous est requise afin de converser saintement les uns avec les autres; o.) Afin que votre conversation toute sainte et divine nous soit un modèle et un exemple de la manière en laquelle nous devons converser avec le prochain.

2. Je vous adore, ô Jésus, je vous bénis et vous aime pour toutes ces choses. Je vous adore dans tout l'état de votre vie publique et conversante, qui a duré depuis votre âge de trente ans jusqu'au jour de votre mort. Je vous adore et vous glorifie dans toutes les choses qui se sont passées en vous extérieurement et intérieurement durant ce temps, c'est-à-dire, dans toutes vos actions, paroles, prédications, miracles, voyages, travaux, lassi-

1 « Deliciae meae esse cum filiis hominum. » Prov. VIII. 31.

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