VIII. — Sixième Méditation
Pour le vendredi.
Sur les souffrances et sue lu mort de Jésus.
l./"\ Jésls, vous êtes l'amour et les délices de Dieu et ^ des Anges, du ciel et de la terre. Vous êtes le Dieu des consolations, la source de toute joie et félicité, et la réjouissance et béatitude même. Et cependant, vous regardant dans l'état de votre vie mortelle, et spécialement au dernier jour de cette vie, je vois que vous êtes l'objet du courroux et de la persécution du ciel, de la terre et de l'enfer, de Dieu, des hommes et de toutes les créatures. Je vois que toutes choses se bandent généralement contre vous, et s'emploient à vous faire souffrir; et que vous êtes comme un but et un blanc exposé à toutes sortes de contradictions et d'outrages. Je vous vois tellement rempli de douleurs, d'amertumes et de tourments en toutes les parties de votre corps et de votre àme, qu'il semble que vous soyez tout changé en douleur et en souffrance. A raison de quoi votre Prophète vous appelle homme de douleurs, Virum dolorum1. Hé ! mon cher Jésus, qui vous a réduit en un si pitoyable état? C'est votre bonté, mon Sauveur, c'est l'excès de votre amour. 0 mon doux amour, que je vous adore, vous aime et vous bénisse dans toutes vos souffrances,
1 /s. un, 3.