‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 220 sur 252 · SIXIÈME PARTIE. — $ XXXIV · texte numérisé non relu

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en disant ce petit oftice de la sainte Vierge, vous pouvez honorer en chaque jour toute la vie de cette menu Vierge, ou pour mieux dire toute la vie de Jésus en Marie, et la vie de Marie en Jésus ; afin que par ainsi vous ne sépariez jamais le Fils de la Mère, ni la Mère du Fils, et que vous ne regardiez que Jésus en Marie et Marie en Jésus. Voici la pratique :

Fn disant Matines, offrez-les à Jésus en l'honneur de la vie qu'il a eue dans la sainte Vierge et de la vie que la sainte Vierge a eue en lui, depuis la conception de cette même Vierge jusqu'à sa naissance. Car dès lors le Fils de Dieu était vivant dans l'esprit et dans l'àme de cette très sainte Vierge ; il était en elle, la sanctifiant et illuminant dès le moment de sa conception, ornant son âme de toutes sortes de vertus, et la remplissant toute de grâce, de sainteté et d'amour. Et réciproquement, elle était vivante en lui d'une vie très sainte et admirable, son esprit, son âme et son cœur ('tant dès lors plus vivants dans le divin objet de son amour sacré que dans elle-même.

En disant Laudes, offrez-les à Jésus, en l'honneur de la vie qu'il a eue en la très sacrée Vierge, et que cette même Vierge a eue en lui, depuis sa naissance jusqu'au moment de l'Incarnation, en la manière que je viens de dire : c'est-à-dire par les effets admirables de grâce, de vertu, de lumière, d'amour et de vie toute sainte et divine que le Fils de Dieu opérait continuellement durant ce temps, dans lame sainte de cette très bénite enfant; et par les exercices de foi, d'espérance, de désir, de contemplation, d'amour et de louange vers lui dans lesquels celte àme divine de la très sacrée Vierge était continuellement occupée.

Prime, en l'honneur de la vie merveilleuse et très délicieuse de Jésus en Marie, et de Marie en Jésus, durant les neuf mois que ce même Jésus a été résidant dans ses sacrées entrailles.

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Tierce, en l'honneur de la vie de Jésus en Marie, et de Maiie en Jésus, depuis la naissance de ce même Jésus, jusqu'à la tin de son enfance, c'est-à-dire jusqu'à son âge de douze ans.

Sexte, en l'honneur de la vie de Jésus en Marie, et de Marie en Jésus, depuis la fin de l'enfance de ce même Jésus, jusqu'à la fin de sa vie cachée, c'est-à-dire jusqu'à son âge de trente ans.

None, en l'honneur de la vie de Jésus en Marie, et de Marie en Jésus, depuis le commencement de la vie conversante et publique de ce même Jésus, jusqu'au commencement de sa vie glorieuse, c'est-à-dire depuis son âge de trente ans jusqu'à sa Résurrection.

Vêpres, en l'honneur de la vie de Jésus en Marie, et de Marie en Jésus, depuis la Résurrection et Ascension de ce même Jésus, jusqu'à l'Assomption de sa bienheureuse Mère. Car, encore bien que Jésus soit allé à son Père par son Ascension, il est néanmoins toujours demeuré en une manière admirable et ineffable avec sa très sainte Mère et dedans elle jusqu'à son Assomption ; et il était plus vivant en elle, en quelque façon, durant ce temps, que dans le ciel, parce qu'il opérait en elle de plus grands effets de sainteté et d'amour que dans tous les habitants du ciel : comme aussi elle était plus au ciel avec son Fils que dans la terre, elle était plus vivante de la vie de son Fils que de la sienne propre.

Compiles, en l'honneur de la vie glorieuse et immortelle de Jésus en Marie, et de Marie en Jésus, depuis qu'elle est au ciel jusqu'à maintenant.

Or, en disant chaque partie de cet office, il faut vous occuper doucement et sans bandement d'esprit à considérer cette partie de la vie de Jésus en Marie, et de Marie en Jésus, en l'honneur de laquelle vous dites une partie de votre office ; c'est-à-dire, à considérer ce qui s'eSÎ passé entre Jésus et Marie, durant cette partie de leur vie : leurs sentiments, dispositions et afiections au re-

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gartl l'un de l'autre ; leurs saints discours et entretiens, leurs divines actions, leurs vertus très éminentes ; comme la Mère contemplait, glorifiait et aimai! sans cesse son Fils ; et comme le Fils remplissait l'âme sainte de sa Mère, de lumière, de grâce et amour divin.

Ensuite de cela, il faut faire réflexion sur vous, et voyant combien votre vie, pleine de péché et d'imperfection, est éloignée de cette vie très sainte et très parfaite de Jésus et de Marie, que vous devez regarder et imiter comme votre Père et votre Mère ; il faut vous humilier profondément, en demander pardon à Jésus, lui oflrir tout l'honneur que sa très sainte Mère lui a rendu, ou plutôt qu'il s'est rendu à soi-même en elle, par celle vie très parfaite de lui en elle et d'elle en lui, en satisfaction du déshonneur que vous lui avez rendu par votre vie pécheresse et imparfaite ; et enfin le supplier qu'il fasse en sorte que toute votre vie passée, présente et à venir, rende un hommage et une gloire éternelle à sa vie très adorable et à la vie très aimable de sa bienheureuse Mère, détruisant en vous tout ce qui est contraire à cela.

XXXV. — Autre manière pour dire saintement l'Office de la très sainte Vierge.

a seconde manière qui a été proposée pour la récitation du grand Office, peut être aussi appliquée à l'Office de la très sainte Vierge, joignant la Mère avec le Fils, en celte façon.

En disant le premier psaume, unissez-vous à toutes les louanges que le Père éternel a jamais données et donnera éternellement à son Fils Jésus et à la très sainlc Vierge, offrant au Fils et à la Mère toutes ces louanges en salisfaction des manquements que vous avez commis en toute votre vie à les louer et glorifier.

En disant le second psaume, unissez-vous à toute la

gloire que Jésus a donnée et qu'il donnera éternellement à soi-même et à sa très honorable Mère, offrant au Fils et à la Mère toute cette gloire en satisfaction de vos manquements.

Au troisième psaume, unissez-vous au Saint-Esprit dans les louanges qu'il a données et donnera à jamais à Jésus et à Marie, leur offrant ces louanges en réparation de vos négligences.

Au quatrième, unissez vous aux Séraphins ; et ainsi en tous les autres, ainsi qu'il a été déclaré en la seconde manière pour dire saintement l'Office divin.

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