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désirable et avantageuse nouvelle qu'elle entendit jamais. Elles nous doivent être très précieuses et aimables, puisqu'elles nous annoncent la venue de celui qui a été tant attendu, tant désiré, tant demandé en la terre par l'espace de cinq mille ans, et qui vient au monde pour nous apporter notre délivrance de la tyrannie de Satan et du péché, pour nous réconcilier avec Dieu, et pour y opérer choses si grandes et si merveilleuses pour notre amour. C est pourquoi l'usage du chapelet qui est composé de cette sainte et angélique salutation, est très saint, très agréable à Dieu et à la Mère de Dieu, et il doit être commun et familier à tous les vrais chrétiens qui désirent contenter Dieu et sa très sainte Mère. Et j'ai peur que ceux qui seront trouvés à l'article de la mort, sans cette marque, qui est une des marques et livrées des serviteurs et enfants de la Mère de Dieu, ne soient méconnus et rejetés d'elle, et par conséquent de son Fils, comme indignes de participer aux miséricordes du Fils et aux faveurs de la Mère'. Mais ce n'est pas assez d'avoir et de porter un chapelet ; le principal est de le bien dire. En voici la manière.
XXXVII. — Pour dire saintement le chapelet de la très sainte Vierge2
■poiR réciter saintement le chapelet de la très sainte ^ Vierge, voici ce que vous pourrez faire. Après avoir baisé la croix de votre chapelet, et fait avec cette même
1 Le V. P. Eudes emploie à dessein cette formule dubitative : J'ai peur que. 11 savait en effet que, si la dévotion à la sainte Vierge est l'un des signes les plus certains de prédestination, cependant le port et la récitation du chapelet ne sont pas nécessaires au salut. Quant au P. Eudes lui-même, « l'usage du chapelet lui était fort habituel. Celait son exercice quotidien.il le portait même d'ordinaire à la ceinture, étant bien aise que chacun put connaître qu'il se faisait gloire de lui être dévot. » Hérambourg, R. P. Eudes, Ses vertus, p. 155.
» Le chapelet pour la récitation duquel le Y. P. Eudes propose ici
croix le signe de la croix sur vous, en l'honneur et union du très grand amour avec lequel le Fils de Dieu a baisé et chargé sur ses épaules la croix qui lui a été présentée au jour de sa mort, baisant, acceptant et chérissant en union de ce même amour toutes les croix, peines et afflictions qu'il lui plaira vous envoyer en toute votre vie : après cela, dis-je, il faut dire le Credo sur la croix, lequel contient les principaux mystères de la vie de Jésus, et un abrégé de la créance de son Église.
C'est pourquoi, en disant le Credo, il faut nous donner à ce même Jésus, en union de l'amour très ardent par lequel il est mort pour nous, et de l'amour de tous les saints Martyrs qui sont morts pour lui ; il faut, dis-je, en union de ce même amour, nous donner à lui, pour mourir et répandre notre sang mille fois, s'il était possible, pour son pur amour, pour la gloire de ses mystères, et plutôt que de nous départir jamais, en rien du monde, de la foi de son Église. Comme aussi il faut nous donner à lui, afin qu'il mette en nous un grand amour et dévotion au regard de tous les mystères de sa vie et de son Église, et qu'il les imprime et glorifie en nous en la manière qu'il désire.
Ensuite de quoi, en disant le premier Pater et les trois premiers Ave Maria qui sont devant la première dizaine, il faut nous anéantir aux pieds du Fils de Dieu et de sa
une méthode, est le chapelet de six dizaines. 11 se compose de 63 Ave Maria en honneur des 63 années que, d"après 1 opinion commune, la sainte Vierge a passées sur la terre, et de 7 Pater en honneur de ses sept douleurs et de ses sept allégresses. C'est le chapelet de sainte Brigitte en usage à Lourdes et à Saint-Sulpice. On peut le réciter en suivant la méthode proposée par le V. P. Eudes, et •gagner de riches indulgences, si Ion se sert d'un chapelet brigitté. Le chapelet de saint Dominique, qu'il ne faut pas confondre avec le précédent, est le tiers du rosaire, lise compose de cinq dizaines seulement, ce qui fait en tout 53 Ave Maria et G Pater. Pour gagner les indulgences attachées à ce chapelet, il faut se servir d un chapelet béni par un religieux dominicain ou un prêtre muni de pouvoirs spéciaux, et en outre méditer sur les mystères du rosaire. On se prive souvent des indulgences en ne remplissant pas cette dernière condition.
sainte Mère, nous estimant très indignes de paraître devant eux, dépensera eux, ni qu'ils pensent à nous; et nous donner à Jésus, le priant qu'il nous anéantisse luimême et qu'il s'établisse en nous, afin d'honorer lui même en nous sa très honorable Mère, puisque lui seul la peut honorer dignement ; comme aussi nous donner et unir au zèle, 5 l'amour et à la dévotion qu'il a pour elle. Et ensuite oflrir cette action ou prière à la sainte Vierge, en union de la dévotion, de l'amour, de l'humilité et, pureté de son Fils Jésus, et en union de toutes les saintes prières qui ont été faites, et de toute la gloire et les louanges qui lui ont été jamais données, et qui seront données éternellement à son Fils et à elle, et ce pour l'accomplissement de tous leurs desseins, spécialement de ceux qu'ils daignent avoir sur nous.
Après cela, en disant chaque dizaine du chapelet, il la faut offrir au Fils et à la Mère, en l'honneur de quelqu'une des vertus très éminentes qu'ils ont exercées pendant qu'ils étaient au monde, ne séparant jamais Jésus d'avec Marie, ni Marie d'avec Jésus, en cette manière :
En disant la première dizaine, il la faut offrir à Jésus et à Marie, en l'honneur de la très profonde humilité qu'ils ont exercée en leurs pensées, paroles et actions.
La seconde dizaine, en l'honneur de la très parfaite pureté du Cœur de Jésus et de Marie, qui est une vertu laquelle consiste en deux choses principales, à savoir : premièrement en une très grande haine, horreur et éloignement du péché, avec un parfait détachement de tout ce qui n'est point Dieu ; et secondement en une très sainte union à Dieu et à la pure gloire de Dieu : ce qui a été très éminemment dans l'âme sainte du Fils de Dieu et de sa très sainte Mère.
La troisième dizaine, en l'honneur de la très divine douceur et charité que Jésus et Marie ont pratiquées au regard du prochain en leurs pensées, paroles, actions et souffrances.
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La quatrième dizaine, en l'honneur de la très sainte soumission et obéissance de Jésus et Marie à toutes les volontés de Dieu, comme aussi aux volontés des hommes et même de leurs ennemis, pour l'amour de Dieu : l'un et l'autre ayant fait profession de ne faire jamais leur propre volonté, ains en tout et partout celle de Dieu, et celle d'autrni pour l'amour de Dieu ; et, qui plus est, ayant mis tout leur contentement et félicité à se soumettre à toutes les volontés de Dieu, et à faire tout ce qu'il voulait qu'ils fissent.
La cinquième dizaine, en l'honneur du très grand et très pur amour de Jésus au regard de son Père, et de Marie au regard de Jésus : l'un et l'autre ayant vécu dans un continuel exercice de ce pur amour, et n'ayant jamais eu pensée, dit parole, ni fait action que dans ce pur amour.
La sixième dizaine, en l'honneur du dernier jour, de la dernière heure, du dernier moment, et de la mort toute divine et toute d'amour de Jésus et de Marie.
Or, durant que nous disons chaque dizaine :
1. Il faut occuper notre esprit sur chacune de ces vertus de Jésus et de Marie, considérant combien elle a été éminente en eux, et avec quelle perfection ils l'ont exercée durant toute leur vie, en leurs pensées, paroles et actions.
2. Il faut nous retourner vers nous, et voyant combien nous sommes éloignés de celte vertu, et dissem blables en cela à notre Père et à notre Mère, c'est-à dire à Jésus et à Marie, nous en humilier profondément, leur en demander pardon, les suppliant de réparer pour nous les manquements que nous y avons commis, et d'offrir au Père éternel tout l'honneur qu'ils lui ont rendu parla pratique de cette vertu, en satisfaction des fautes que nous avons commises contre cette même vertu.
3. Il faut nous donner à Jésus et à sa sainte Mère, avec un désir et résolution de pratiquer désormais plus soigneusement cette vertu pour l'amour d'eux, suppliant
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le Fils que, par son pouvoir absolu, el la Mère que, par ses prières et mérites, ils détruisent en nous tout ce qui est capable d'y mettre empêchement, et qu'ils y établissent et fassent régner celte même vertu, pour la pure gloire de celui qui s'appelle, dans les saintes Écritures, le Dieu el le Seigneur des Vertus1.
Mais souvenez-vous bien, s'il vous plaît, de ce que j';ii dit ailleurs à savoir qu'en tous ces exercices de piété, encore bien que je vous propose plusieurs pensées et pratiques, il n'est pas nécessaire néanmoins de vous servir de toutes à chaque fois, mais seulement de celles auxquelles vous trouverez plus de dévotion, ou bien tantôt des nues, tantôt des autres, selon la grâce que Notre- Seigneur vous y donnera Car. par exemple, si votre esprit trouve de quoi s'occuper suffisamment sur une ou deux des vertus susdites, ou.de quelques autres vertus de Jésus et de Marie, il n'est pas nécessaire de passer à la considération des autres.
Reste de vous dire, qu'en disant la dernière dizaine, en l'honneur du dernier jour, de la dernière heure, du dernier moment et de la très sainte mort de Jésus et de Marie, il faut leur offrir le dernier jour, la dernière heure, le dernier moment de notre vie, et le point de notre mort, en l'honneur du dernier jour, de la dernière heure, du dernier moment de leur vie, et de leur très sainte mort, les suppliant qu'ils fassent que tout ce qui se passera en nous en ce dernier jour et en ce dernier moment, soit consacré à l'hommage et à la gloire de ce qui s'est passé en eux en leur dernier jour et en leur dernier moment, que nous mourrions dans l'état et même dans l'exercice du divin amour, et que le dernier soupir que nous rendrons soit un acte de très pur amour vers Jésus.
• rs. XXIII, 10 ; XLV, 8 ; LVIII, b ; LXXIX, 5, 8, 15; LXXXI1I, 2, 4, 9, 13, etc.