POUR LE TROISIEME JOUR
XXI. — De la confession et de la satisfaction de nos péchés qu'il faut faire à Dieu
Avant employé un jour à remercier Dieu des grâces qu'il nous a faites en toute notre vie, il est bien nécessaire d'en employer un pour lui demander pardon de nos péchés et pour lui en faire quelque satisfaction. A cette fin, il faut en ce jour faire une bonne confession, sinon extraordinaire, pour le moins avec une contrition et humiliation extraordinaire, et avec autant de soin et de préparation comme si ce devait être notre dernière confession. Et à cela vous pourront servir les actes de contrition et les autres exercices qui ont été proposés sur ie sujet de la confession, en la première partie de ce livre, page 126. Et de plus, il sera bon de prendre quelque temps en ce jour pour vous occuper sur ce sujet devant Dieu, en cette sorte.
1. 0 très aimable Jésus, vous ne m'aviez créé que pour vous aimer et servir, vous qui êtes infiniment digne de tout service et amour, et à qui j'ai une infinité d'obligations; et cependant je n'ai presque fait autre chose que de vous offenser par pensées, par paroles, par actions, par tous les sens de mon corps et puissances de mon âme, par le mésusage que j'ai fait de toutes
vos créatures, contre tous vos commandements, et en une infinité de manières. Ah Dieu ! que de péchés ! que d'ingratitudes ! que d'infidélités ! Seigneur Jésus, je jette toutes ces miennes offenses dans votre divin amour et dans l'abîme de vos miséricordes. Oh ! qui me donnera que je sois tout changé en douleur, en contrition et en larmes de sang, pour détester et effacer les fautes que j'ai commises contre cette immense bonté, qui mérite tant d'être aimée et honorée, et que j'ai tant offensée et déshonorée ! Mon Dieu, que pourrais-je faire pour réparer le déshonneur que je vous ai rendu par mes péchés ? Oh ! s'il ne tenait qu'à souffrir tous les tourments et martyres du monde ! Mais, hélas ! quand j emploierais toutes mes forces à me châtier moi-même, et quand je souffrirais tous les supplices qui ont jamais été, sont et seront soufferts au monde, je ne pourrais pas néanmoins, de moi-même, réparer l'injure que je vous ai faite par la moindre de mes fautes.
2. Mais je vous offre, ô bon Jésus, toute la gloire, l'amour et service que tous vos Saints et votre très sainte Mère vous ont rendus en toute leur vie, par leurs saintes pensées, paroles et actions, par le saint usage qu'ils ont fait des sentiments de leurs corps et des puissances de leurs âmes, par les vertus qu'ils ont exercées et par les souffrances qu'ils ont portées, en satisfaction des manquements que j'ai commis en toute ma vie par ces choses-là. Comme aussi je vous offre tout l'honneur qui vous a jamais été rendu, et qui vous sera rendu à jamais par tous vos Anges, par votre Saint-Esprit, par vous-même et par votre Père éternel, en réparation du déshonneur que je vous ai rendu en toute ma vie.
3. O Père de Jésus, Saint-Esprit de Jésus, Mère de Jésus, Anges de Jésus, Saints et Saintes de Jésus, offrez pour moi à mon Sauveur, tout l'amour et la gloire que vous lui avez jamais rendu, en satisfaction du tort que je lui ai fait par mes offenses.
SEPTIÈME PARTIE. — § \\l 529
\. Ah ! misérable pécheur que je suis, en offensant mon Dieu, j'ai offensé toutes choses : j'ai offensé le Père, le Fils, le Saint-Esprit, la Mère de Dieu, tous les Anges et les Saints, et généralement toutes les créatures, qui sont intéressées et offensées dans l 'intérêt et dans l'offense de leur Créateur. Quel moyen, mon Dieu, de réparer tant d'offenses, de satisfaire à tant de personnes, et de payer tant de dettes? Je sais bien ce que je ferai : j'ai un Jésus, qui a en soi un trésor infini de verdis, de mérites et de saintes œuvres, et qui m'a été donné pour être mon trésor, ma vertu, ma sanctification, ma rédemption et réparation ; je l'offrirai au Père éternel, au Saint-Esprit, à la sainte Vierge, à tous les Anges et à tous les Saints, en réparation et satisfaction de tous les manquements que j'ai commis au regard d'eux. 0 Père saint, ô divin Esprit, je vous offre tout l'amour et l'honneur que mon Jésus vous a rendu en toute sa vie, par toutes ses divines pensées, paroles et actions, par le divin usage qu'il a fait de toutes les parties de son corps et de son âme, par toutes les vertus qu'il a exercées, et par toutes les souffrances qu'il a portées, en satisfaction de toutes les offenses que j'ai commises contre vous en toute ma vie par toutes les choses susdites.
O Vierge sainte, ô saints Anges, ô bienheureux Saints et Saintes, je vous offre mon trésor et mon tout, qui est Jésus : prenez en lui, s'il vous plaît, de quoi vous payer et satisfaire de toutes les dettes dont je vous suis obligé, à raison de mes péchés et négligences.
5. O mon Jésus, mon très digne Réparateur, réparez vous-même toutes mes fautes, et suppléez par votre très grande miséricorde à tous les manquements que j'ai commis en toute ma vie, au regard de votre Père, de vous-même, de votre Saint-Esprit, de votre sacrée Mère, de vos Anges, de vos Saints et de toutes les personnes que j'ai ofïensées. Je me donne à vous, pour faire et souffrir tout ce qu'il vous plaira à cette fin, acceptant dès
maintenant toutes les peines de corps et d'esprit que j'aurai à porter, soit en ce inonde, soit en l'autre, en satisfaction de mes péchés.
6. 0 très sainte Vierge, j'avais tant d'obligations de vous servir et honorer, et je vous ai si peu honorée et tant oflensée, en offensant votre Fils ! Je vous en demande pardon. <*> Mûre de miséricorde, et en satisfaction je vous offre tout l'honneur qui vous a jamais été rendu au ciel et en la terre, et je supplie tous les Anges et les Saints, le Saint-Esprit, votre Fils et le Père éternel, de suppléer à mon défaut, et de vous donner toute la gloire que j'aurais dû vous rendre en toute ma vie.