‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 97 sur 252 · XXII. — De l'excellence des vertus chrétiennes · texte numérisé non relu

XXII. — De l'excellence des vertus chrétiennes

TLse trouve plusieurs personnes qui estiment la vertu, -*- qui la désirent, la recherchent et emploient beaucoup de soin et de travail pour l'acquérir, et néanmoins on en voit fort peu qui soient ornées des vraies et solides vertus chrétiennes. Une des principales causes de cela est parce qu'ils se conduisent en la voie et en la recherche

de la vertu, non pas tant selon l'esprit du christianisme, comme selon l'esprit des philosophes païens, des hérétiques et politiques ; c'est-à-dire, non pas tant selon l'esprit de Jésus-Christ et de la grâce divine qu'il nous a acquise par son sang, comme selon l'esprit de la nature et de la raison humaine.

Voulez-vous voir la différence qu'il y a entre ces deux esprits, en ce qui regarde l'exercice des vertus? Vous la verrez en trois choses.

1. En ce que ceux qui recherchent la vertu à la mode des philosophes païens, des hérétiques et politiques, la regardent avec les yeux de la raison humaine simplement, l'estiment comme une chose très excellente d'ellemême, qui est fort conforme à la raison et nécessaire à la perfection d'un homme, pour le distinguer d'avec les bêtes qui ne se conduisent que par les sens; et par ces considérations plus humaines que chrétiennes, ils s'animent à la désirer et acquérir.

2. En ce qu'ils se persuadent qu'ils la pourront acquérir par leurs propres efforts, à force de soin, de vigilance, de considérations, de résolutions et de pratiques. En quoi ils se trompent extrêmement, ne considérant pas qu'il nous est impossible, sans la grâce divine, d'exercer le moindre acte de vertu chrétienne.

3. En ce qu'ils aiment la vertu et s'efforcent de l'acquérir, non pas tant pour Dieu et pour la gloire de Dieu, que pour eux-mêmes, c'est-à-dire, pour leur propre mérite, intérêt et satisfaction, et pour se rendre plus excellents et accomplis ; qui est la manière en laquelle les païens, les hérétiques et politiques désirent et recherchent la vertu ; voire les diables mêmes la désirent en cette façon : car, étant pleins d'orgueil, ils désirent tout ce qui peut les rendre plus excellents et relevés. C'est pourquoi, la vertu étant une chose fort noble et excellente, ils la voudraient avoir, non pas pour être

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plus agréables à Dieu, mais par esprit d'orgueil et de propre excellence.

Au contraire, ceux qui se conduisent selon l'esprit et la grâce de Jésus-Christ dans l'exercice de la vertu :

1. [Ils] la regardent non pas en elle-même seulement, mais en son principe et en sa source, c'est-à-dire en Jésus Christ qui est la source de toute grâce, qui contient en éminence et en souverain degré toute sorte de vertu, et dans lequel la vertu a une excellence infinie. Car tout ce qui est en Jésus étant saint, divin et adorable, la vertu est sanctifiée et déifiée en lui, et en suite digne d'un honneur et adoration infinie. A raison de quoi, si nous considérons la vertu en Jésus-Christ, cette considération sera infiniment plus puissante pour nous porter à l'estimer, aimer et rechercher, que si nous la regardions seulement selon l'excellence qu'elle a en ellemême, et selon l'estime que l'esprit et la raison humaine lui donnent.

2. Ceux qui se conduisent par l'esprit du christianisme en la pratique des vertus,- savent fort bien qu'ils ne peuvent exercer le moindre acte de vertu par euxmêmes ; qu'au contraire, si Dieu se retirait d'eux, ils tomberaient au même temps dans un abîme de toutes sortes de vices ; et que la vertu étant un don de la pure miséricorde de Dieu, il la lui faut demander avec confiance et persévérance. C'est pourquoi, ils demandent instamment et continuellement à Dieu les vertus dont ils ont besoin, sans se lasser jamais de les lui demander ; et avec cela ils apportent de leur côté tout le soin, la vigilance et le travail qu'il leur est possible, pour s'y exercer. Et toutefois, ils prennent bien garde à ne se confier ou appuyer aucunement sur leurs soins et vigilances, sur leurs exercices et pratiques, sur leurs désirs et résolutions, non plus que sur les prières qu'ils font à Dieu pour ce sujet ; mais ils attendent tout de la pure bonté

de Dieu, et ne-s'inquièlent point lorsqu'ils ne voient pas en eux les vertus qu'ils désirent. Et au lieu de se troubler et décourager, ils demeurent en paix et en humilité devant Dieu, reconnaissant que c'est par leur faute et infidélité ; que, s'il les traitait comme ils le méritent, non seulement il ne leur donnerait rien de ce qu'ils lui demandent, mais même qu'il les dépouillerait de toutes les grâces qu'il leur a jamais données ; et qu'il leur fait encore trop de faveur de ne les rejeter et abandonner pas entièrement. Ce qui allume en eux un nouveau feu d'amour, et une nouvelle confiance au regard de cette infinie bonté, avec un désir très ardent de rechercher par toutes sortes de voies les vertus qui leur sont nécessaires pour le servir et glorifier.

3. Ils désirent la vertu et s'etlorcent de pratiquer souvent des actes intérieurs et extérieurs d'amour de Dieu, de charité vers le prochain, de patience, d'obéissance, d'humilité, de mortification et des autres vertus chrétiennes, non pour eux, ni pour leur intérêt, satisfaction et récompense ; mais pour le contentement et intérêt de Dieu, pour se rendre semblables à leur chef qui est Jésus-Christ, pour le glorifier, et pour continuer l'exercice des vertus qu'il a pratiquées sur la terre ; qui est ce en quoi consiste proprement la vertu chrétienne. Car, comme la vie chrétienne n'est autre chose qu'une continuation de la vie de Jésus-Christ, aussi les vertus chrétiennes sont une continuation et accomplissement des' vertus de Jésus-Christ. Et pour pratiquer les vertus chrétiennement, il les faut pratiquer dans le même esprit dans lequel Jésus-Christ les a pratiquées, et comme il les a pratiquées, c'est-à-dire par les mêmes motifs et intentions par lesquelles il les a pratiquées. De sorte que l'humilité chrétienne, c'est une continuation de l'humilité de Jésus Christ ; la charité chrétienne, c'est une continuation de la charité de Jésus-Christ, et ainsi des autres vertus.

Jugez de là combien les vertus chrétiennes sont plus saintes et excellentes que les vertus qu'on appelle morales1, qui sont proprement les vertus des païens, des hérétiques et des faux catholiques. Car ces vertus morales ne sont que des vertus humaines et naturelles, des vertus feintes et apparentes, qui n'ont point de fond ni de fermeté, n'étant appuyées que sur la fragilité de l'esprit et de la raison humaine, et sur le sable mouvant de l'amour-propre et de la vanité2. Mais les vertus chrétiennes sont de vraies et solides vertus, ce sont des vertus divines et surnaturelles ; en un mot ce sont les vertus mêmes de Jésus-Christ, desquelles nous devons être revêtus, et lesquelles il va communiquant à ceux qui adhèrent à lui, qui les lui demandent avec humilité et confiance, et qui tâchent de les pratiquer comme il les a pratiquées.

' Les théologiens divisent les vertus en vertus théologales et vertus morales, et ces dernières en vertus surnaturelles et vertus naturelles. Mais au temps du V. P. Eudes, on réservait communément la dénomination de vertus morales aux vertus naturelles que l'on opposait sous ce nom aux vertus surnaturelles ou chétiennes. Témoin entre heaucoup d'autres, ce passage de saint François de Sales : « Quand les vertus morales, ou même les vertus surnaturelles produisent leurs actions en l'absence de la charité..., elles n'ont nulle valeur pour le Paradis. » Traité de l'amour de Dieu, 1. XI, ch. 11. Voir aussi 1. III, ch. 2 ; 1. XI, ch. 10.

2 Les docteurs catholiques enseignent communément qu'il n'y a de vraies vertus que celles dont les actes sont méritoires pour le ciel . Et ils infèrent de là que les vertus naturelles sont vaines, apparentes, et dans ce sens feintes. « Virtutes morales, secundum quod sunt operativse boni in ordine ad ultimum finem supernaturalem, sic perfecte et vere habent rationem virtutis... Patet igitur quod solae virtutes infusœ sunt perfectae et simpliciter dicendye virtutes, quia bene ordinant hominem ad ultimum finem simpliciter ; alise vero vertutes, scilicet acquisita?, sunt secundum quid virtutes, non autem simpliciter... Unde super illud Rom. XIV, 23 : Omne quod non est ex fide peccatum est, dicil Glossa Augustini : l'bi deest agnitio verilatis, falsa est virtus etiam in optimis moribus. » S. Thom. 1-2, 65,2. V. S. François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, 1. XI, ch. 10. En traitant cette question de l'excellence des vertus chrétiennes, le V. P. Eudes semble s'être souvenu des idées et même des expressions du saint Evèque de Genève.

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XXIII.— Comme il faut exercer les vertus chrétiennes et réparer les manquements qu'on y commet.

De ce qui a été dit ci-dessus, vous pouvez penser combien saintement nous devons exercer les vertus chrétiennes, puisque nous les devons exercer comme Jésus-Christ les a exercées. Pour cet effet, lorsque vous désirez vous avancer en la perfection de quelque vertu :

1. Adorez-la dans Notre-Seigneur Jésus-Christ, et considérez combien il a été éminent en celte vertu, et avec quelle perfection il l'a exercée en toute sa vie.

2. Humiliez-vous devant lui, vous voyant si éloigné de cette perfection, lui demandant pardon de tous les manquements que vous avez jamais commis en la pratique de cette vertu, reconnaissant que vous n'avez aucune force de vous-même pour en pratiquer le moindre acte, et que vous êtes très indigne qu'il vous donne grâce pour cela, et le suppliant néanmoins que par sa très grande miséricorde il vous la donne, pour exercer cette même vertu dans les occasions qui s'en présenteront.

3. Donnez-vous souvent à Jésus, avec un grand désir de pratiquer cette vertu, selon toute la perfection qu'il demande de vous, et le priez qu'il détruise en vous tout ce qui est contraire à cette même vertu, et qu'il l'imprime et établisse en vous pour sa pure gloire.

i. Ayez soin de pratiquer actuellement cette vertu par des actes intérieurs et par des effets extérieurs, vous unissant aux dispositions et intentions avec lesquelles Jésus-Christ a exercé ces mêmes vertus.

5. Lorsque vous commettrez quelque faute contre cette vertu, ne vous troublez et découragez point ; mais humiliez-vous devant Dieu, lui en demandant pardon et lui offrant fout l'honneur que son Fils bien-aimé et sa

très sainte Mère lui ont rendit par l'exercice de cette même vertu, en satisfaction de votre faute.

Donnez-vous derechef à Jésus, avec un nouveau désir de lui être fidèle pour l'avenir en la pratique de cette vertu, et le suppliez que par sa très grande miséricorde il répare votre faute, et qu'il vous donne nouvelle grâce pour la mieux pratiquer dans les occasions qui s'en offriront.

XXIV. — Pratique de l'exercice précédent appliquée par exemple à la douceur et humilité de cœur.

\ fin de vous rendre l'usage de l'exercice précédent ^*- plus facile, et de faire qu'il puisse servir à toutes sortes de personnes, je désire en appliquer la pratique toute formée à une vertu particulière, laquelle pourra être appliquée semblablement à toutes les autres vertus en particulier. Prenons par exemple la douceur et l'humilité de cœur, tant recommandée par le très doux et très humble Jésus. Si vous désirez vous bien établir dans ces deux vertus toutes divines, prenez tous les jours quelque peu de temps pour vous mettre aux pieds de Jésus, et pour vous établir dans les sentiments et inclinations qui sont marquées en l'élévation suivante, de laquelle vous pourrez user en cette sorte :

0 très doux et très humble Jésus, j'adore en vous votre très divine et très adorable douceur et humilité, et je vous adore et glorifie dans tous les actes et exercices de douceur et humilité que vous avez jamais pratiqués inté" rieurement et extérieurement. Oh ! combien vous êtes admirable en ces deux vertus, aussi bien qu'en toutes les autres ! Car, considérant tout le cours de votre vie sur la terre, je vous vois, ô bon Jésus, dans un continuel exercice et disposition de douceur et humilité en vos pensées, paroles, actions et souffrances. Oh ! quelle gloire

vous avez rendue à votre Père, par l'usage de ces deux vertus ! Mais aussi combien vous a-t-il exalté, après vous être tant humilié pour sa gloire et pour notre amour ! Qu'il soit à jamais béni ce Père divin, et vous aussi, ô bon Jésus ! lui, de vous avoir tant glorifié en suite de vos humiliations; vous, de l'avoir tant honoré par la pratique de votre douceur et humilité !

O Jésus, vous êtes mon Chef, et je suis un de vos membres ; vous êtes mon Père, et je suis un de vos enfants ; vous êtes mon Maître et Docteur, et je suis un de vos disciples : et par conséquent je dois vous suivre, vous imiter et vous ressembler autant qu'il se peut en ces vertus et en toutes les autres. Et cependant combien en suis-je éloigné ! et au contraire combien suis-je rempli d'orgueil, de vanité, d'aigreur et d'impatience ! Combien de manquements ai-je commis en toute ma vie contre la douceur et l'humilité par pensées et sentiments, par paroles et actions ! Pardon, mon Sauveur, pardon s'il vous plaît ; je désire pour l'avenir vous imiter en votre douceur et humilité. Mais, hélas ! je reconnais que je n'ai aucune force de moi-même pour en pratiquer le moindre acte, et que je suis très indigne que vous me donniez la grâce pour cela. Et néanmoins je vous supplie de me la donner par votre très grande miséricorde.

O Jésus, je vous adore, comme prononçant ces divines paroles : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos dmesi. J'adore les pensées, les desseins et l'amour que vous aviez au regard de moi en les prononçant. Car en proférant ces sacrées paroles, vous pensiez à moi en particulier, û bon Jésus ; vous les profériez avec un très grand amour vers moi, et vous aviez quelque dessein spécial sur moi. O mon très aimable Jésus, je me donne tout à vous, pour l'accomplissement de votre dessein, et pour porter l'effet de

* « Discite a me, quia mitis sum et humilis corde, et invenietis requiem animabus vestris. » Matth. XI, 29.

SECONDE PARTIE. — 5j XXIV 213

ces vôtres paroles. Ne permettez plus, s'il vous plaît, que j'y mette empêchement. Détruisez en moi tout ce qui est contraire à la douceur et humilité ; établissez et glorifiez en moi votre douceur et humilité pour l'amour de vous-même.

Lorsqu'il se présente quelque occasion d'exercer la douceur ou l'humilité, élevez ainsi votre cœur vers Jésus :

« 0 Jésus, je me donne à vous pour exercer maintenant la douceur, la patience et l'humilité, en l'honneur de votre douceur, patience et humilité, et je me donne à vous pour pratiquer ces vertus, en union des mêmes dispositions et intentions avec lesquelles vous les avez pratiquées. »

Lorsque vous tomberez en quelque faute contre ces vertus, tâchez de la réparer au plus tôt, vous prosternant aux pieds du Fils de Dieu, et lui disant ainsi :

« 0 très miséricordieux Jésus, je vous demande pardon de tout mon cœur, de l'offense que j'ai faite contre votre divine Majesté. 0 Père de Jésus, je vous offre tout l'honneur que votre Fils bien-aimé et sa très sainte Mère vous ont rendu par la pratique de leur douceur et humilité, en satisfaction du déshonneur que je vous ai rendu par la faute que j'ai commise contre ces vertus. 0 Jésus, ô Mère de Jésus, suppléez, s'il vous plaît, à mon défaut, offrant vous-mêmes votre douceur et humilité au Père éternel, en réparation de mon orgueil et impatience. O bon Jésus, je me donne à vous, avec un nouveau désir d'être plus doux et plus humble pour l'avenir ; anéantissez en moi ma superbe et impatience, et me donnez la grâce d'être fidèle à exercer la patience et humilité dans les occasions qui s'en présenteront, et ce pour votre gloire et contentement. »

Vous pourrez appliquer ces mêmes pratiques à la charité, à l'obéissance, et à toutes les autres vertus en particulier.

XXV. — De la dignité, nécessité et importance de l'humilité chrétienne.

Si vous avez un vrai et parfait dessein de vivre chré tiennement et saintement, un des plus grands et principaux soins que vous devez -avoir, c'est de vous établir à bon escient dans l'humilité chrétienne : car il n'y a point de vertu plus nécessaire et importante que celle-ci. C'est celle que.Notre-Seigneur nous recommande avec plus de soin et d'instance en ces divines et aimables paroles, que nous devons souvent repasser avec amour et respect par notre esprit et par notre bouche : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes l .C'est cette vertu que saint Paulappelle par excellence la vertu de Jésus-Christ. C'est la propre et spéciale vertu des chrétiens, sans laquelle il est impossible d'être vraiment chrétien. C'est le fondement de la vie et sainteté chrétienne. C'est la gardienne de toutes les autres grâces et vertus. C'est celle qui attire toutes sortes de bénédictions dans nos âmes : car c'est dans les âmes humbles que le très grand et très humble Jésus prend son repos et ses délices, selon cette sienne parole : Sur qui jetterai-je les yeux, pour faire ma demeure et mon repos en lui, sinon sur celui qui est humble, et qui craint mes paroles*'?

C'est cette vertu, jointe avec l'amour sacré, qui fait les saints et les grands saints. Car la vraie mesure de la sainteté, c'est l'humilité. Donnez-moi une âme qui soit vraiment humble, je dirai de cette âme qu'elle est vraiment sainte ; si elle est grandement humble, qu'elle est gran-

1 « Discite a me, quia mitis sum et humilis corde, et invenietis requiem animabus vestris. » Matth. XI, 29.

* « Ad quem respiciam, nisi ad pauperculum. et contritum spiritu. et trementem sermones meos ? » Is. LXV1. 2.

•dément sainte ; si elle est très humble, qu'elle est très sainte, qu'elle est ornée de toutes sortes de vertus, que Dien est beaucoup glorifié en elle, que Jésus est résidant dans cette âme, que c'est son trésor et le paradis de ses délices, et qu'elle sera très grande et très hautement élevée dans le royaume de Dieu, puisque c'est la parole de la vérité éternelle, que celui qui s'humiliera sera exailé1. Au contraire une âme sans humilité, c'est une âme sans vertu, c'est un enfer, c'est la demeure des démons, c'est un abîme de toutes sortes de vices.

Enfin on peut dire en quelque manière que l'humilité est la mère de Jésus, puisque c'est par elle que la très sainte Vierge a été rendue digne de le porter en soi. C'est par cette vertu aussi que nous serons rendus dignes de le former dans nos âmes, et de le faire vivre et régner dans nos cœurs. C'est pourquoi nous devons extrêmement aimer, désirer et rechercher cette sainte vertu. A raison de cela, je m'étendrai un peu davantage sur ce sujet que sur les autres.

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