QU1N0L A
Je le crois bien, je me surveille moi-même.
AVALOI\OS.
Vous l'intimidez, c'est un honnête garçon. Voyons! tu t'es une idée de la fortune.
QUINOLA
Jamais, je l'ai vue à de trop grandes distances.
AVALOROS.
Et quelque chose comme deux mille écus d'or...
QUINOLA
Quoi? plaît-il? J'ai des éblouissements. Cela existe donc, * mille écus d'or? Etre propriétaire, avoir sa maison, sa serva son cheval, sa femme, ses revenus, être protégé par la Sainte— i mandad, au lieu de l'avoir à ses trousses; que faut-il faire?
AVALOROS.
M'aider à réaliser un contrat à l'avantage réciproque de maître et de moi.
QUINOLA
J'entends! le boucler. Tout beau, ma conscience! taisez-vous, ma belle! on vous oubliera pour quelques jours, et nous ferons bon ménage pour le reste de ma vie.
AVALOROS, à Sarpi.
Nous le tenons.
SARPI t à Avaloros.
H se moque de nous ! il serait bien autrement sérieux.
# QUINOLA
Je n'aurai sans doute les deux mille écus d'or qu'après la signature du traité ?
SARPI, vivement.
Tu peux les avoir auparavant.
QUINOLA
Bah ! (u tend la main.) donnez !
AVALOROS.
En me signant des lettres de change... échues.
QUINOLA
Le Grand Turc ne présente pas le lacet avec plus de délicatesse.
SARPI
Ton maître a-t-il son vaisseau ?
QUINOLA
Valladolid est loin, c'est vrai, monsieur le secrétaire ; mais nous y tenons une plume qui peut signer votre disgrâce.
SARPI
te l'écraserai.
QUINOLA
te me ferai si mince, que vous ne pourrez pas.
Eh ! maraud, que veux-tu donc ?
QUINOL\.
*h 1 voilà parler d'or.
xviii. 12
THÉÂTRE