‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 177 sur 325 · SCÈNE VIII ROUSSEAU, MADAME ROUSSEAU · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII ROUSSEAU, MADAME ROUSSEAU

MADAME DU BROCARD, soutenue par Justine; DUPRE. MADAME ROUSSEAU.

Pauvre enfant ! quel courage !

DUPRÉ

J'espère vous le conserver, madame... mais cela ne se fera sans de grands sacrifices.

ROUSSEAU

Monsieur, la moitié de notre fortune est à vous.

PAMÉLA GIRAUD

MADAME DU BROCARD

Et la moitié de la mienne.

DUPRÉ

Toujours des moitiés de fortune... Je vais essayer de faire mon devoir;... après, vous ferez le. vôtre; nous nous verrons à l'œuvre. Remettez-vous, madame, j'ai de l'espoir.

MADAME ROUSSEAU

-Ah ! monsieur, que dites- vous?

DUPRÉ

Tout à l'heure votre fils était perdu;... maintenant, je le crois, il p^^**it être sauvé.

MADAME ROUSSEAU

<)ue faut-il faire?

MADAME DU BROCARD

CJue demandez-voua?

ROUSSEAU

domptez sur nous, nous vous obéirons.

DUPRÉ

Je le verrai bien. Voici mon plan, et il triomphera devant les juarés... Votre fils avait une intrigue de jeune homme avec une fpr-iaette, une certaine Paméla Giraud, une fleuriste, fille d'un Portier. .

MADAME DU BROCARD

Des gens de rien !

«Aux genoux desquels vous allez être, car votre fils ne quittait cette jeune fille, et c'est là votre seul moyen de salut. Le soir ^^me où, selon le ministère public, il conspirait, peut-être il !"^wa vue. Si le fait est vrai, si elle déclare qu'il est resté près **^lle, si le père et la mère pressés de questions, si le rival de ***les auprès de Paméla confirment leur témoignage..., alors, nous Fourrons espérer... Entre une condamnation et un alibi, les jurés cl*oisiront l'alibi.

MADAME ROUSSEAU, A part.

Ah ! monsieur, vous me rendez la vie.

ROUSSEAU

Monsieur, notre reconnaissance sera éternelle.

THÉÂTRE

DU PRÉ, les regardant.

Quelle somme dois-je offrir à la fille, au père et à la mère ?

MADAME DU BROCARD

Ils sont pauvres...

DUPRÉ

Mais enfin, il s'agit de leur honneur.

MADAME DU BROCARD

Une fleuriste...

DUPRÉ, ironiquement.

Ce ne sera pas cher.

Que pensez-vous ?

DUPRÉ

Je pense que vous marchandez déjà la tête de votre fils.

MADAME DU BROCARD

Mais, monsieur Dupré, allez jusqu'à...

MADAME ROUSSEAU

Jusqu'à...

DUPRÉ

Jusqu'à...?

ROUSSEAU

Mais je ne comprends pas votre hésitation... Monsieur, tout que vous jugerez convenable.

DUPRÉ

Ainsi, j'ai plein pouvoir... Mais quelle réparation lui offrirez-vo si elle livre son honneur pour vous rendre votre fils, qui, peut-êtr lui a dit qu'il l'aimait?

MADAME ROUSSEAU

Il l'épousera. Moi, je sors du peuple, je ne suis pas marquise, et;

MADAME DU BROCARD

Que dites-vous là? Et mademoiselle de Verby?

MADAME ROUSSEAU

Ma sœur, il faut le sauver.

• DUPRÉ , à part.

Voilà une autre comédie qui commence; et ce sera pour moidernière que je veuille voir... Kngageons-les. (Haut.) Peut-& ferez-vous bien de venir voir secrètement la jeune fille.

PAMÊLA GIRAUD.

MADAME ROUSSEAU

i! oui, monsieur, je veux aller la voir... la supplier... (Bile .) Justine! Antoine! (Antoine paraît.) Vite!... faites atteler...

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