‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 190 sur 325 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LES MÊMES, JULES, ramené par sa mère, sa tante et suivi de ses amis.

JULES. Il se précipite dans les bras de sa mère; il ne voit pas d'abord Paméla, qui est dans un coin du théâtre, près de Joseph.

Ma mère!... ma tante!... mon bon père!... me voici rendu à

liberté!... (a m. de Verby et aux amis qui l'ont accompagné.) Général, Ct

v°Ust mes amis, merci de votre intérêt!

MADAME ROUSSEAU

Enfin, le voilà, mon enfant!... Je ne suis pas encore remise de 1X1 o s angoisses et de ma joie.

JOSEPH, à Paméla.

Eh bien... et vous? il ne vous dit rien... il ne vous voit seulement pas!...

Tais-toi, Joseph! tais-toi! (Elle se recule vers le fond.)

DE VERBY.

Non-seulement vous êtes sauvé, mais vous êtes élevé aux yeux ^e tous ceux que cette affaire intéressait!... Vous avez montré une ^i^orgie, une discrétion... dont on vous saura gré.

ROUSSEAU

Tout le monde s'est bien conduit... — Antoine, tu t'es bien monlr<i !... tu mourras à notre service.

THÉÂTRE

MADAME ROUSSEAU, A Jules.

Fais-moi remercier ton ami, M. Adolphe Durand. (Joies présente

ami.)

JULES

Oui... mais mon sauveur, mon. ange gardien, c'est la pauvrs»-^-T Paméla!... Gomme elle a compris sa situation et la mienne!... qu^^^( dévouement!... Ah! je me rappelle!... l'émotion, Ta crainte!..

elle S'était évanouie!... je COUrS... (Madame Rousseau, qui, toute au retor-

de Jules, n'a songé qu'à lui, cherche des yeux Paméla, l'aperçoit, l'amène dera — -M1

son fils, qui pousse un cri.) Ah! Paméla!... Paméla!... ma reconnai i jissance sera éternelle!...

PAMÉLA

Ah! monsieur Jules!... que je suis heureuse!

JULES

Oh!... nous ne nous quitterons plus!... n'est-ce pas ma mèi e?

elle sera votre fille.

DE VERBY, à, Rousseau, vivement.

Ma sœur et ma nièce attendent une réponse; il faut interverrmir, monsieur... Ce jeune homme a l'imagination vive, exaltée... il p^^emt manquer sa carrière pour de vains scrupules... par une sotte gé «sérosité!...

ROUSSEAU, embarrassé.

C'est que...

DE VERBY.

Mais j'ai votre parole.

MADAME DU BROCARD

Parlez, mon frère!

JULES

Ah ! répondez, ma mère, et joignez-vous à moi.

ROUSSEAU, prenant la main do Jules.

Jules!... je n'oublierai pas le service que nous a rendu c&***^ jeune fille... Je comprends ce que doit te dicter la reconnaissant^' mais, tu le sais, le comte de Verby a notre parole; tu ne saur~^,s légèrement sacrifier ton avenir! Ce n'est pas l'énergie qui te m^**1' que... tu l'as prouvé... et un jeune conspirateur doit être as^^z fort pour se tirer d'une pareille affaire.

PAMÉLA GIRAUD

DE VERBY, a Jules, de l'autre côté.

Sans doute!... un futur diplomate ne saurait échouer ici !...

D'ailleurs, ma volonté....

JULES

Mon père!

DU PRÉ, paraissant.

J ules, c'est encore à moi de vous défendre.

PAMÉLA et JOSEPH.

AI. Dupré!...

JULES

IVIon ami!...

MADAME DU BROCARD

jVIonsieur l'avocat !...

DUPRÉ

¥&on ! je ne suis déjà plus « mon cher Dupré ».

MADAME DU BROCARD

Oh! toujours!... avant de nous acquitter envers vous, nous avons dû penser à cette jeune fille... et...

DUPRÉ, l'interrompant froidement.

I*ardon, madame...

DE VERBY.

Cet homme va tout brouiller!...

DUPRÉ, à Rousseau.

J'ai tout entendu... mon expérience est en défaut !... Je n'aurais peis cru l'ingratitude si près du bienfait... Riche comme vous Fêtes... co rame le sera votre fils, quelle plus belle tâche avez-vous à remplir que celle de satisfaire votre conscience?... En sauvant Jules, e*l^ s'est déshonorée!... Allons, monsieur, l'ambition ne saurait I importer!... Sera-t-il dit que cette fortune que vous avez acquise s* honorablement aura glacé en vous tous les sentiments, et que

' ^>X~ltérét Seul...? (Il roit madame du Brocard faisant des signes à son frère.)

! très-bien, madame!... c'est vous ici qui donnez le ton! et j'ouïs lais, pour convaincre monsieur, que vous seriez près de lui quand ne serais plus là.

MADAME DU BROCARD

Nous sommes engagés envers M. le comte et madame la corn-

THÉÂTRE

tesse de Verby!... Mademoiselle, qui toute sa vie peut compter sur moi, n'a pas sauvé mon neveu à la condition de compromettre son avenir.

ROUSSEAU

11 faut quelque proportion dans une alliance. Mon fils aura un jour quatre-vingt mille livres de rente.

JOSEPH, à part.

Ça me va, moi, j'épouserai!... Mais cet homme-là, ça n'est pas^ un père, c'est un changeur.

DE VERBY, à Dupré.

Je pense, monsieur, qu'on ne saurait avoir trop d'admiration ^ pour votre talent et d'estime pour votre caractère!... votre souv^^ nir sera religieusement gardé dans la famille Rousseau ; mais débats intérieurs ne sauraient avoir de témoins... Quant à mo^^ j'ai la parole de M. Rousseau, je la réclame!... (a Jules.) Ven^^ mon jeune ami, venez chez mon frère !... ma nièce vous attendL

demain, nOUS Signerons le Contrat. (Paméla tombe sans force sur un f£=^a teuil. )

^ JOSEPH

Eh bien!... eh bien, mademoiselle Paméla!

DU PRÉ et JULES, s'élançant vers elle.

Ciel !

DE VERBY, prenant la main de Jules.

Venez!... venez!...

DUPRÉ

Arrêtez! J'aurais voulu n'être pas seul à la protéger!... Eh bi «n, rien n'est fini!... Paméla doit être arrêtée comme faux témoin,

(Saisissant la main de Verby.) et VOUS êtes tOUS perdu !... (il emmène ï*améla. )

JOSEPH, se cachant derrière le canapé.

Ne dites pas que je suis là.

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