‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 248 sur 325 · SCÈNE XIV Les Mêmes, MARGUERITE, GERTRUDE, LE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV Les Mêmes, MARGUERITE, GERTRUDE, LE GÉNÉRAL

MARGUERITE, accourant.

Que voulez-vous, monsieur?

VERNON

Préparez une théière d'eau bouillante, où vous ferez infaW quelques feuilles d'oranger.

GERTRUDE

Qu' as-tu, Pauline?

LE GÉNÉRAL

Ma fille, chère enfant!

GERTRUDE

Ce n'est rien !... Oh ! nous connaissons cela... c'est de voir sa vie -bridée...

VER NON, au général.

Sa vie décidée... Et qu'y a-t-il?

LE GÉNÉRAL

Elle épouse Godard ! (a pan.) 11 paraît qu'elle renonce à quelque nnourette dont elle ne veut pas me parler, à ce que dit ma femme, le quidam serait inacceptable, et elle n'a découvert l'indignité 1^ ce drôle qu'hier...

VERNON

Et vous croyez cela?... Ne précipitez rien, général. Nous en causerons ce soir... (a pan.) Oh! je vais parler à madame de Csrandchamp...

PAULINE, à Gertrude.

Le docteur sait tout...

GERTRUDE

Ah!

^ -AULINE, remettant le mouchoir et la clef dans la poche de Gertrude, pendant que Gertrude regarde Vernon qui cause avec le général.

Éloignez-le, car il est capable de dire tout ce qu'il sait à mon Père, et il faut au moins sauver Ferdinand...

GERTRUDE, à part.

Elle a raison! (Haut.) Docteur, on vient de me dire que François, un de nos meilleurs ouvriers, est tombé malade hier; on ne l*a pas vu ce matin, vous devriez bien l'aller visiter...

LE GÉNÉRAL

François? Oh! vas-y, Vernon...

VERNON

Ne demeure-t-il pas au Pré-l'Évêque?... (a part.) A plus de trois lieues d'ici...

LE GÉNÉRAL

Tu ne crains rien pour Pauline?

THÉÂTRE

VERNON

C'est une simple attaque de nerfs.

CERTRUDE.

Oh ! je puis, n'est-ce pas, docteur, je puis vous remplacer sans danger?...

VERNON

Oui, madame, (au générai.) Je gage que François est malade comme moi!... On me trouve trop clairvoyant, et l'on me donne une mission...

LE GÉNÉRAL, l'emportant.

Qui?... Qu'est-ce que tu veux dire?...

VERNON

Allez-vous vous emporter encore?... Du calme, mon vieil ami^ ou vous vous prépareriez des remords éternels...

LE GÉNÉRAL

Des remords?...

VERNON

Amuse le tapis, je reviens.

LE GÉNÉRAL

Mais...

GERTRUDE, à Pauline.

Eh bien, comment te sens-tu, mon petit ange?

LE GÉNÉRAL

Mais regarde-les !...

VERNON

Eh ! les femmes s'assassinent en se caressant.

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