SCÈNE IX
MERCADET, seul.
Dans cette époque, marier une fille jeune et belle, la bien marier, entendons-nous, est un problème assez difficile à résoudre; mais marier une fille d'une beauté douteuse et qui n'apporte que ses vertus en dot, je le demande aux mères les plus intrigantes, n'est-ce pas une œuvre diabolique ? Méricourt doit avoir de l'affection pour nous; ma femme fait encore de lui ce qu'elle veut, et c'est ce qui me rassure... Oui, peut-être se croit-il obligé de marier Julie avantageusement. Quant à M. de la Brive, rien qu'à le voir fouettant son cheval aux Champs-Élysées, au style du tigre, l'ensemble de l'équipage, son attitude à l'Opéra, le père le plus exigeant serait satisfait. J'ai dîné chez lui : charmant appartement, belle argenterie, un dessert en vermeil, à ses armes; ce n'était pas emprunté. Qui peut donc engager un coryphée de la jeunesse dorée à se marier?... Car il a eu des succès de femmes... Oh î peutêtre est-il las des succès... Puis il a entendu, m'a dit Méricourt. Julie chez Duval, où elle a chanté à ravir... Après tout, ma fille faii un bon mariage. Et lui?... Oh! lui...