SCÈNE II
MERCADET, un moment seul; puis JUSTIN.
MERCADET
Avoir ses gens pour soi, c'est comme si un ministre avait la presse à lui ! Heureusement que les miens ont leurs gages à perdre. Tout repose maintenant sur la douteuse amitié de Verdelin, un homme dont la fortune est mon ouvrage ! Mais se plaindre de l'ingratitude des hommes, .autant vouloir être le Luther du cœur. Dès qu'un homme a quarante ans, il doit savoir que le monde est peuplé d'ingrats !... Par exemple, je ne sais pas où sont les bienfaiteurs... Verdelin et moi, nous nous estimons très-bien. Lui me doit de la reconnaissance; moi, je lui dois de l'argent, et nous ne nous payons ni l'un ni l'autre!... Allons! pour marier Julie, il s'agit de trouver mille écus dans une poche qui voudra être vide ! Crocheter le cœur pour crocheter la caisse, quelle entreprise!... Il n'y a que les femmes aimées qui font de ces tours de force-là!...
JUSTIN, entrant.
M. Verdelin va venir.