‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 286 sur 325 · MINARD, JULIE · texte numérisé non relu

MINARD, JULIE

JULIE

je vous ai vu entrer, et me voici. Oh! je suis sans fierté...

MINARD

Et moi sans force.

JULIE

Vous ne m'aimez pas autant que je vous aime, vous êtes un homme! Ah! si vous aviez seulement un regret, Adolphe!...

MINARD

Eh bien?

JULIE

Je ferais manquer ce mariage, sans que mon père sût par quel moyen. &

MINARD

Et après?

LE FAISEUR

JULIE

L'avenir serait à nous! Et» à nous deux, nous saurions devenir riches...

MINARD

Notre avenir a peu de chances favorables. Écoutez- moi, Julie. Après vous avoir quittée, j'ai éprouvé tant de peine, que je suis digne de pardon. Trouvez-moi cupide ou ambitieux, je serai sincère, du moins : je vous ai cru assez de fortune pour offrir un point d'appui aux efforts que je rêvais de tenter pour vous. Je suis seul au monde, il était bien naturel de demander secours à celle de qui je voulais faire ma compagne. Peut-être même ai-je compté sur le plaisir que vous preniez à mes soins pour vous bien attacher à moi, tant j'avais besoin d'un point d'appui. Mais, en vous connaissant, j'ai ressenti pour vous une sérieuse affection, et ce que votre père m'a dit ne Ta pas éteinte...

JULIE

Vrai?...

MINARD.'

Oui, Julie, je sens que je vous aime; et, si j'avais autant de croyance en moi que d'amour pour vous, nous affronterions ensemble les malheurs de la vie!...

JULIE

Assez! assez ! cet aveu suffit. 11 m'en coûtait de vous savoir intéressé... Pas un mot de plus. Je suis heureuse.

MINARD

En vérité, Julie, il me serait possible de beaucoup souffrir; mais vous? êtes-vous aguerrie contre le malheur? Nous n'aurions d'abord que des peines à échanger...

JULIE

Je vous pardonne votre ambition, vos calculs, pardonnez-moi ma persistance. Puisque vous m'aimez, tout me semble possible.

MINARD

C'est donc moi qui suis le doute; et vous, vous êtes l'espérance.

JULIE

Je tâcherai de rester libre encore quelque temps. J'ai dans le cœur une voix qui me dit que nous serons heureux. Vous avez reçu

dernièrement une lettre de votre mère, qui ne vous at ditrelle, abandonné que pour veiller à vos intérêts, et qui vous annonce ées jours meilleurs! Peut-être votre sort changera-Ul.

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