‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 302 sur 325 · SCÈNE II MERCADET, seul · texte numérisé non relu

SCÈNE II MERCADET, seul

Quand Mahomet a eu trois compères de bonne foi (les plus difficiles à trouver), il a eu le monde à lui! J'ai déjà Justin. Le second?... on ne peut pas l'abuser! Si Ton croit à l'arrivée de Godeau, je gagne huit jours, et qui dit huit jours dit quinze en matière de payement. Je vais acheter, sous le nom de Godeau, pour trois cent mille francs d'actions de la basse Indre, ce matin, tout à l'heure,

LE FAISEUR

avant Verdelin. Et alors, quand Verdelin, qui me croyait hors d'état de lui faire concurrence, et qui n'a pas eu l'idée de ra'intéresser dans cette affaire, en demandera, mon gaillard déterminera la hausse!... D'ailleurs, cette nuit, j'ai écrit une lettre, au nom de plusieurs actionnaires, pour exiger la publicité du rapport que l'argent de Verdelin retarde... Berchut fera paraître cette lettre dans tous les journaux; en peu de temps, les actions vont s'élever à vingt-cinq pour cent au-dessus du pair : j'aurai six cent mille francs de bénéfice. Avec trois cent mille, je paye l'achat. Avec les trois cent mille autres, je désintéresse mes créanciers. Oui, mon Godeau leur arrachera bien une petite remise de quatre-vingt mille francs. Libéré de ma dette, je deviens le roi de la place! (n se promène majestueusement.) J'ai eu de l'audace !... Aller demander moi-même «ne berline chez un carrossier des Champs-Élysées, comme si je voulais partir nuitamment! Ce diable de postillon, que je guettais, a failli tout compromettre par ses remercîments. Le pourboire était trop fort! Une faute! Allons, à nous deux! (n ouvre u porte de sa chambre.) Michonnin! le garde du commerce!...

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