‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 48 sur 325 · LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, LA DUCHESSE DE MONTSOREL, RAOUL, VAUTRIN · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, LA DUCHESSE DE MONTSOREL, RAOUL, VAUTRIN

VAUTRIN, à la duchesse do Christoval.

Ne soupçonnez-vous donc pas quel intérêt amène ici madame ?

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL

Depuis hier, je n'ose me l'avouer.

VAUTRIN

Moi, j'ai deviné cet amour à l'instant.

RAOUL, à Vautrin.

J'étouffe dans cette atmosphère de mensonge.

VAUTRIN, à Raoul.

Un seul moment encore.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Madame, je sais tout ce que ma conduite a d'étrange en ce instant, et je n'essayerai pas de la justiûer. Il est des devoir sacrés devant lesquels s'abaissent toutes les convenances et mên toutes les lois du monde. Quel est le caractère? quels sont doc les pouvoirs de monsieur?

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, à qui Vautrin a fait un signe.

Il m'est interdit de vous répondre.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Eh bien, je vous le dirai! monsieur est ou le complice ou dupe d'une imposture dont nous sommes les victimes, en dép des lettres, en dépit des actes qu'il vous apporte : tout ce qui dom^d^ à Raoul un nom et une famille est faux.

RAOUL

Madame, en vérité, je ne sais de quel droit vous vous jetez airm3^ ^ dans ma vie ?

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL

Madame, vous avez sagement agi en renvoyant ma fille et le ~ marquis.

VAUTRIN, à Raoul.

De quel droit? (a madame de Montsorei.) Mais vous ne devez pas l'avouer, et nous le devinons. Je conçois trop bien, madame, la

VAUTRIN

douleur que vous cause ce mariage pour m' offenser de vos soupçons sur mon caractère et de vous voir contredire des actes authentiques, que madame de Ghristoval et moi nous sommes tenus de produire, (a part.) Je vais Pasphyxier. (n la prend à part.) Avant d'être Mexicain, j'étais Espagnol, je sais la cause de votre haine contre Albert ; et, quant à l'intérêt qui vous amène ici, nous en causerons bientôt chez votre directeur.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Vous sauriez...?

VAUTRIN

Tout, (a part.) Il y a quelque chose. (Haut.) Allez voir les actes.

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL

Eh bien, ma chère?

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Allons retrouver Inès. Et, j? vous en conjure, examinons bien les pièces, c'est la prière d'une mère au désespoir.

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL

Une mère au désespoir !

LA DUCHESSE DE MONTSOREL, regardant Raoul et Vautrin.

Comment cet homme a-t-il mon secret et tient-il mon fils?

LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL

Venez, madamei

SGÈNE XII RAOUL, VAUTRIN, LAFOURAILLE.

VAUTRIN

J'ai cru que notre étoile pâlissait, mais elle brille.

RAOUL

Suis-je assez humilié! Je n'avais au monde que mon honneur, jeté l'ai livré. Ta puissance est infernale, je le vois. Mais, à compter de cette heure, je m'y soustrais, tu n'es plus en danger, adieu:

LAFOURAILLE, qui est entré pendant que Raoul parlait.

Personne? bon, il était temps! — Ah! monsieur, Philosophe est en bas, tout est perdu! l'hôtel est envahi par la police.

THÉÂTRE

VAUTRIN

Un autre se lasserait. Voyons! Personne n'est pris ?

LAFOURAILLE.

Oh! nous avons de l'usage.

VAUTRIN

Philosophe est en bas, mais en quoi ?

LAFOURAILLE .

En chasseur.

VAUTRIN

Bien, il montera derrière la voiture. Je vous donnerai m." ordres pour coffrer le prince d'Àrjos, qui croit se battre demai».

RAOUL

Vous êtes menacé, je le vois, je ne vous quitte plus et vc savoir...

VAUTRIN

Rien. Ne te môle pas de ton salut. Je réponds de toi, malgré *

RAOUL

Oh! je connais mon lendemain.

VAUTRIN

Et moi aussi.

Ça chauffe.

VAUTRIN

Ça brûle.

LAFOURAILLE.

Pas d'attendrissement, il ne faut pas flâner, ils sont à no» piste, et vont à cheval.

VAUTRIN

Et nous donc! (n prend Lafouraiiio à part.) Si le gouvernement nou£ fait Thonneur de loger ses gendarmes chez nous, notre devoir est: de ne pas les troubler. On est libre de se disperser ; mais qu'on soit à minuit chez la mère Giroflée au grand complet. Soyez à jeun, car je ne veux pas avoir de Waterloo, et voilà les Prussiens. Roulons !

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